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CHAP. XV. LÉGISLATION DES ÉTATS

dirai que l'Eiat ne considère nullement l'église chrétienne comme une rivale ou une ennemie; il voit plutôt en elle une aide ou une collaboratrice dans l'inslruclion religieuse et morale du peuple, l'un des devoirs les plus graves du gouvernement.

» Il ne serait pas vrai de dire que l'Etat traite l'église en étrangère.

» Nous avons, dans tous les Etals de l'Union américaine, des lois assez étendues au sujet de l'observation du sabbat, d'autres qui garantissent aux églises leurs propriétés et qui les protègent contre toute perturbation de leur culte. La loi ne fait, d'ailleurs, nulle différence entre les sectes, et ne donne aucune prééminence à l'une d'elles sur les autres. Elle les protège également, et les droits politiques sont indépendants de toute profession religieuse particulière.

» La législation de plusieurs Etats autorise les églises à posséder des propriétés, moyennant que ces propriélés ne dépassent pas une certaine valeur; l'église possède, ou comme corporation, ou par l'intermédiaire de curateurs légalement reconnus. Sans entrer dans trop de détails, je me borne à dire qu'on permet aux églises de posséder assez de fonds pour assurer le service, mais qu'on prend des mesures contre Tabus des dons et des legs pies. En quelques Etats, Ton a conservé les lois anglaises sur les biens de main-morle, d'où il suit qu'une corporation ne peut acquérir sans une permission exj)resse; en d'autres Etats, l'acte même qui reconnaît une corporalion détermine la mosure dans laquelle il lui sera permis de capitaliser. Les

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corporations ecclôsiasliques qui existaient avant la révolution sont demeurées propriétaires des biens qu'elles possédaient à cette époque.*

» Les lois, dans beaucoup de nos Etats, envisagent le blasphème comme un délit et le punissent de diverses peines.

» Elles punissent également le parjure. Du reste, il est à remarquer que, dans la manière d'administrer le serment, l'on s'est accommodé aux scrupules des consciences. L'on se contente de l'affirmation solennelle du quaker. Le juif jure sur les Ecritures de l' Ancien-Testament; et certaines sectes chrétiennes, en levant simplement la main.

»Nos juristes ont vivement débattu la question de la validité du serment prononcé par un incrédule. Autant qu'il m'en souvient, cette discussion a eu pour résultat de faire rejeter le serment des individus seulement qui nient l'existence de Dieu et un état à venir de récompenses et de peines; mais on n'exige pas la foi en la révélation.

i>Les lois relatives au mariage, se fondant sur le christianisme, défendent absolument la polygamie, et punissent ce délit, qu'elles désignent sous le nom de bigamie. Dans tous les Etals, le mariage entre les ascendants et les descendants, de môme qu'entre les collatéraux au premier degré, est entièrement prohibé; dans quelques-uns, on a emprunté du Lévilique

* On a VII qu'il faut en excepter tout au moins l'Etat de Virginie. {Trad.)

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