‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 118 sur 185 · CHAP. I. LE PRINCIPE VOLONTAIRE · texte numérisé non relu

CHAP. I. LE PRINCIPE VOLONTAIRE

sait, à maintenir ces établissements au niveau d'une population qui s'accroît avec une rapidité telle que l'histoire ne nous raconte rien de pareil. Reproduisons ici quelques données auxquelles nous avons fait allusion précédemment :

De i790 à 1800, l'accroissement annuel de la population fut de 137,609 individus; de 1800 à 1810, de 193,388 ; de 1810 à 1820, de 239,831 ; de 1820 à 1830, de 322,878; de 1830 à 1840, de 420,174.

D'où il est aisé d'inférer que de 1840 à 1850 cet accroissement dépassera 500,000 âmes: soit, au bout de dix ans, cinq millions. Il faut, de toute nécessité, que le nombre des ministres, des églises, des collèges, etc., s'élève dans la même proportion ; et voilà ce que bien des lecteurs estimeront , à première vue , d'une exécution parfaitement impossible. Malheur à la religion , s'écrieront-ils peut-être , si le gouvernemenl n'y met enfin sa bonne main !

Quanta moi, j'ose le déclarer, tant en mon nom qu'au nom de tout ce que l'Amérique renferme de chrétiens éclairés, nous n'avons pas besoin de recevoir des gouvernements d'autre aide que celle dont il aime à nous faire jouir maintenant. Il n'y a, dans celle statistique, rien de désespéré, tant que les chrétiens feront leur devoir avec une humble et vive confiance en Dieu.

Des 500,000 individus dont notre population doit s'accroître chaque année, il y en a bien 80,000 de cinq ans et au-dessous; reslent 420,000 personnes auxquelles il s'agit de fournir des temples et des mi-

350 LA HKIJGION i:n AMKRIQDE. MV. IV

nislres. C'est, à la rigueur, 420 ('3gliscs, et pour le moins aulaul de pasteurs; mais afin d'ôlre plus pnH de la vérité, disons 840 églises, eonlenant en moyenne 500 personnes, et un nombre sulïisant de ministres pour y célébrer le service religieux. Quand je parle d'églises, je n'ignore pas que, pour commencer, des chambres d'école ou des salles en maisons particulières peuvent suffire; mais enfin, tôt ou tard, il faut aux chrétiens des édifices consacrés à leur culte. Je reconnais aussi qu'un même ministre peut desservir, durant un certain temps, plus d'une église ; toujours est-il que chaque congrégation tend à posséder et son temple et son pasteur. Ainsi, 840 églises à ériger, autant de ministres à instituer chaque année : tel est l'immense problème que le principe volontaire est chargé de résoudre.*

Page 1