‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 120 sur 185 · CHAP. II. ÉNERGIE DU PEUPLE AMÉRICAIN · texte numérisé non relu

CHAP. II. ÉNERGIE DU PEUPLE AMÉRICAIN

pour l'entreprendre et pour y persévérer ; nous redirons surtout que c'est essentiellement dans leur foi qu'ils puisèrent la force de quitter leurs plus chères relations elle berceau de leurs pères, pour s'établir au sein des forêts , dans la société des bêles sauvages et d'hommes souvent plus féroces qu'elles, pour affronter la mort sous toutes ses faces et se soumettre à d'innombrables privations; puis nous ferons observer qu'il ne faut rien de moins pour continuer une œuvre de colonisation que pour la commencer. Mais aussi c'est là qu'un homme s'accoutume à ne tenir aucun compte des difficultés ordinaires , à surmonter par ses efforts les obstacles les plus décourageants et à faire lui-même une foule de choses qu'en d'autres circonstances il attendrait des secours d'autrui.

Il est à remarquer d'ailleurs que, dès leur origine , les colonies furent presque complètement livrées à leurs seules ressources. L'Angleterre ne faisait que très-peu de sacrifices pécuniaires en leur faveur. A l'exception d'un petit nombre de régiments qu'on envoyait de temps à autre et dont les compagnies étaient éparses çà et là, sauf aussi quelques founiitures d'armement, la métropole ne s'inquiétait guère de la défense du pays; en sorte que ce furent, après

manière sensible. Est-ce que le nombre des églises et des pàsteurâ y augmente dans la proportion? Et si les institutions religieuses y suivent les progrès de la population, est-ce, partout, grâce au zèle et à l'assistance de l'élat? En Amérique, le principe volontaire se suffit à lui-niî'^me: chez nous, rien d'un peu complet ne s'efïectue par l'action seule des gouvernements. [Trad.)

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tout, les troupes coloiiiules qui eureul habilucllement à repousser les Indiens. Bien loin d'être secourus par r\nglelerre, les Américains durent la secourir dans ses guerres contre la France. Après quoi vint la grande lutte de 1775 à 1783 où l'énergie de la nation eut amplement à se déployer.

Ensuite, bien qu'en plusieurs colonies l'Eglise ait, de tout temps, été unie à l'Etat, la loi ne faisait en dernière analyse que déterminer la manière dont on devait soutenir le culte ; mais c'étaient toujours les colons qui y pourvoyaient directement. La loi n'avait guère pour effet que d'arracher à quelques-uns leur redevance, tandis qu'en fixant aux autres ce qu'ils devaient payer , elle leur ôtait la pensée môme de donner davantage, ce qu'ils eussent fait volontiers dans un système plus libre.

Si l'on en excepte quelques mille livres sterlings qui servirent à fonder nos premiers collèges, et quelques mille livres encore venues essentiellement d'Ecosse pour l'entretien des missionnaires auprès desindiens, je nesachepasque,duranttoule l'ère coloniale, nousayons reçu, de la métropole ou d'autres pays de l'Europe, aucun secours pécuniaire en vue de nos intérêts religieux. Je ne dis point cela par reproche, mais comme un simple fait. Les chrétiens d'Angleterre, de Hollande et d'Allemagne ont toujours eu à cœur la prospérité religieuse des colonies. Ils ont fait ce qu'ils ont pu, et les monuments de leur piété et de leur charité subsistent jusqu'à ce jour. Toujours est-il que les colons eurent à satisfaire eux-mêmes à leurs besoins spirituels: et finalement c'élail leur devoir.

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