APTITUDE PARTICULIERE DE LA RACE ANGLO-SAXONNE POUR LA COLONISATION
Abslraclion faite de toute considération religieuse , et mettant à part l'action des circonstances, il faut reconnaître que la race anglo-saxonne possède les qualités les plus précieuses en des colons. Ce qui caractérise les hommes de cette race, c'est une persévérance à toute épreuve , avec un ardent amour de la liberté et le besoin profond d'indépendance personnelle. Rien de plus convenable pour supporter les travaux et l'isolement auxquels on est exposé dans les premiers temps d'une colonie. Or, il est à remarquer que, sauf un nombre proportionnellement peu considérable de Suédois et de Hollandais , ce sont des hommes d'origine anglo-saxonne qui colonisèrent non-seulement la Nouvelle-Angleterre, mais encore les Etats de New-York, de New-Jersey, de Delaware et de Pensylvanie. Aussi remplirent-ils leur tâche avec un succès vraiment inouï. Dès qu'ils purent se concilier la faveur des indigènes, etmême auparavant, nous les voyons, seuls ou avec leur famille, s'aventurer dans le désert et s'y choisir le sol sur lequel ils pouvaient le mieux fonder un établissement durable. Si le colon trouvait quelques amis à s'associer, il regardait cette circonstance comme un bienfait de Dieu; mais fût-il
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absoliiinenl isolé, il ne s'enfonçait pas moins dans ce dédale de sombres forêts; et, de ses seuls bras se frayant un chemin au travers de tous les obstacles, le courageux émigrant ne ressemblait pas mal au hardi pécheur qui se livre à l'Océan et passe de longues journées loin de tontes côtes. Tel fut le sort des premiers colons; tel est à peu près celui dés colons actuels des Etals de l'ouest.
S'alimentant des produits de leur sol, les agriculteurs de la Nouvelle-Angleterre et des Etats atlantiques du centre vivent fort dispersés. Tout le pays est parsemé d'habitations qu'occupent les propriétaires fonciers et ceux qui les aident dans leurs travaux agricoles. La plupart en effet cultivent eux-mêmes leur terrain, moyennant le concours de leurs fils et celui d'ouvriers à gage ou de fermiers auxquels ils louent une chaumière et quelques acres de champ. Partout, les hommes seuls vaquent aux travaux de la terre. On ne voit jamais une femme suivre la charrue ni manier la houe ou la hache, ni même la faucille, si ce n'est chez des émigrants européens qui ne sont pas au fait de nos usages et n'ont point encore contracté nos mœurs.
C'est dans cette classe d'individus formés de ia sorte à une vie d'isolement, d'indépendance et de rudes labeurs, que se recrutent sans cesse les colonnes d'émigrants qui se portent vers les frontières. Voici comment la chose se passe dans la plupart des cas :
Un homme part pour l'ouest, il y achète du terrain, bâtit une maison , et se met lui-même à débarrasser