‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 136 sur 185 · MISSIONS DOMESTIQUES DE L'ÉGLISE ÉPISCOPALE MÉTHODISTE · texte numérisé non relu

MISSIONS DOMESTIQUES DE L'ÉGLISE ÉPISCOPALE MÉTHODISTE

On a dit avec raison que l'Eglise méthodiste est une Eglise qui, par son organisation même, est toute missionnaire , et c'est un bonheur inexprimable pour les Etats-Unis qu'il en soit ainsi.

La conférence générale des prédicateurs tient en quelque sorte le pays tout entier sous sa main , au

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moyen de vingt conférences annuelles , dont chacune préside sur un vasle territoire divisé en districts. Ces derniers se subdivisent en arrondissements, dans lesquels on compte de cinq à vingt centres de prédication.

Pour l'ordinaire, chacune de ces localités a tous les quinze jours un service que dirige un des prédicateurs de l'arrondissement. Dans les bourgs et villages, c'est le dimanche; ailleurs, c'est un jour de la semaine, et par là l'Evangile se trouve porté à des milliers d'endroits écartés où jamais ne l'eût fait entendre un clergé à poste fixe.

C'est, je crois, une observation du célèbre Witherspoon, que le système de prédicateurs itinérants imaginé par Wesley suffirait à le faire envisager comme un grand homme. En efi*el, ce système est, à tous égards, d'une haute importance. Pour le moment, nous ne l'envisageons que sous un seul point de vue , son admirable adaptation aux besoins de l'Amérique.

Cependant, bien qu'avec cette organisation rien ne semble plus facile que de faire parvenir la bonne nouvelle du salut aux coins les plus reculés et les plus perdus de notre immense territoire, comme aux individus les plus abandonnés de nos grandes villes , il est arrivé que beaucoup de lieux échappaient à l'action des prédicateurs itinérants, et ce fait amena la fondation de la Société des Missions méthodistes épiscopales, l'an 1819.

Comme la Société de l'Eglise épiscopale protestante, elle eut pour double but les missions étrangères et

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les missions domestiques. Je me borne à parler ici de ces dernières, les autres viendront à leur place. On voit par le vingt-deuxième rapport annuel, celui de 1841 , que cette Société-enlretenait deux cent seize missionnaires dans l'enceinte des Etats-Unis , sans compter ceux qu'elle occupait à prêcher l'Evangile aux Indiens. Les églises que ces missionnaires desservaient, réunissaient au-delà de 40,000 membres, ot grand nombre d'entre elles avaient des classes bibliques et des écoles du dimanche vraiment florissantes. Parmi les membres de ces églises , il n'y avait en 1842 pas moins de 13,722 hommes de couleur.

De tous les champs de travaux que cultive cette société, il n'en est peut-être pas de plus intéressants, ni, à quelques égards, de plus importants que l'évangélisation des esclaves et celle des Allemands : ceux-ci dans nos principales villes, et ceux-là dans les Etats méridionaux. Il n'est pas de chrétiens qui aient fait pour les malheureux enfants de l'Afrique plus que les disciples de Wesley, soit auprès des esclaves du Sud, soit auprès des nègres libres du Nord, et cela dès longtemps. Mais la mission proprement dite ne commença qu'en 1828, à la demande de l'honorable Ch. Pinckney, chrétien laïque fort distingué qui appartenait à l'église méthodiste épiscopale. On pourra se faire une idée des difficultés, ou plutôt des dangers de cette œuvre, par le passage suivant que j'extrais du Rapport de 1841 :

« C'est avec un zèle et un dévouement bien recommaudables que nos missionnaires continuent de sui-

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vrc les esclaves dans leurs risiùres, au milieu de leurs cannes à sucre et des plunlalions de colon. Bon nombre de ces malheureux nègres, dont la destinée est de travailler et de servir tout le temps de leur pèlerinage terrestre, ont obtenu la douce liberté des enfants de Dieu et se réjouissent dans la possession des grâces du salut. Mais nulle part nos missionnaires n'ont autant de privations à endurer, ni d'aussi grands sacrifices à faire. C'est leur vie même qui est sans cesse menacée sous un climat meurtrier que peu d'hommes blancs peuvent supporter une année durant. Eh bien , quoique tant d'excellents missionnaires aient déjà couronné du martyre ce service si redoutable, on trouve chaque année, pour remplir les places vacantes, des hommes qui y vont à leur tour terminer à la fois leurs travaux et leur vie. Pleins d'amour ])our Christ et pour les âmes de ces pauvres Africains dans les chaînes, ils se sont écriés : «Nous voici, envoyez-nous.» Oh ! que le Seigneur soit loué pour le zèle et pour les succès qu'il donne à ceux de nos frères qui font une telle œuvre de renoncement et de sacrifice !

Les missions allemandes n'offrent pas un moindre intérêt. Il s'agit de pourvoir d'un culte les nombreux émigrants qui se fixent dans les bourgs et les villes de la Grande-Vallée. A partir de Pittsbourg, cette société entretient des missionnaires à Wheeling , Marietta , Portsmoulh, May^ville, Cincinnati, Lawrencebourg, New-Albany, Louisbourg, etc., sur l'Ohio; puis, à Dayton, Chillicothe, etc., loin des rives de ce fleuve. Elle a aussi une mission à St-Louis, sur le Mississipi

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