ÉCOLES SUPÉRIEURES ET ACADÉMIES
L'instruction secondaire aux États-Unis a plus d'obligations encore à la religion que n'en ont les écoles primaires.
En 1647, bien peu d'années donc après l'établissement des puritains, la colonie du Massachusets institua des collèges par une loi dont voici les propres termes :
« Yu que c'est un des plans favoris de Satan que de détourner les hommes de la connaissance des Écritures en les dissuadant d'étudier les langues; de peur aussi que la science ne s'ensevelisse dans les sépulcres de ceux qui furent les pères de la patrie et de l'Église; il est ordonné, moyennant la bénédiction du Seigneur, que, dès qu'une commune comptera cinquante chefs de famille , ils établiront un maître pour enseigner à leurs enfants la lecture et l'écriture ; et que, lorsqu'il y aura cent ménages dans ladite commune, on y créera de plus un collège oîi les jeunes gens puissent se préparer pour l'université.» — Telle fut l'origine des collèges de la Nouvelle-Angleterre; et maintenant ils y sont en si grand nombre que non -seulement chaque comté possède le sien, mais encore que les comtés riches et populeux en possèdent plusieurs.
Et il en est à peu près de même dans tous les États.
C'est ainsi, par exemple, qu'en Pensylvanie on vola, il y a déjà longienips, des fonds pour l'érection d'une école supérieure dans chaque chef-lieu de comté, et qu'on nomma un conseil de curatelle avec charge de remplacer lui-même les membres qui feraient vacance. Ces établissements subsistent à l'heure qu'il est, et l'on y enseigne la littérature anglaise, souvent le latin et le grec, outre les mathématiques et les autres objets requis pour entrer dans une faculté. Les Etats même du « fond de l'Ouest » ne cessent d'encourager ce genre d'instituts, en leur donnant une existence légale. Ce n'est pas à dire cependant que les gouvernements leur fassent des dotations. Ils accordent une première subvention pour l'érection des édifices, et le plus ordinairement ils s'en tiennent là : c'est aux élèves à entretenir les instituteurs par le moyen des finances scolaires. Si, comme dans l'Etat de New-York, une école supérieure reçoit un subside annuel du gouvernement, c'est volontiers sous la condition de recevoir gratis un certain nombre de jeunes gens pauvres , ou d'élèves régents pour les écoles primaires. Dans tous les cas, il n'est aucune de ces écoles qui, en somme, ne soit redevable de son existence ou de sa prospérité, à l'action libre des citoyens.
Sur tous les points du pays, il est des établissements de ce genre, et les meilleurs sont quelquefois ceux qui ne doivent rien qu'à l'activité spontanée des individus. Ainsi en est-il du a séminaire de Burr, » à Manchester, Etat de Vermont. Un citoyen nommé
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Joseph Burr donna par testament 10,000 dollars pour l'éducation de jeunes gens pauvres et pieux aspirant au saint ministère.^ Il exprimait que, si d'autres personnes se réunissaient pour consacrer une somme pareille à la construction d'une école, à l'achat d'une bibliothèque, etc., l'intérêt seul de son legs servirait au but par lui indiqué. Il se trouva plus d'argent que Burr n'en avait demandé, et le 15 mai 1833 s'ouvrit cette école dans un bâtiment spacieux et fourni de tout ce qui était nécessaire. Dès le premier semestre, elle compta cent quarante-six étudiants. Cette institution fleurit sous les soins de maîtres distingués. Elle a pour siège un village connu par sa moralité ; le pays est très-salubre; la vie n'y est point chère. Toutes ces circonstances y amènent un grand nombre déjeunes gens, mais aussi elles permettent de rendre difficile sur l'admission; et ce n'est pas une affaire d'argent, car il y a toujours trente ou quarante élèves qui reçoivent une instruction gratuite.
C'est aussi l'histoire de «l'Académie de Philips» à Andover, dans le Massachusets. Fondée en 1778 par la libéralité des deux frères Samuel et John Philips, elle fut deux ans après légalement reconnue , ou, si
* M. Burr résida longtemps à Manchester, Etat de Vermont. Par son industrie et sa probité , il acquit une fortune estimée à 150,000 dollars. Outre ce legs de 10,000 dollars , il donna une grande partie de son bien à des sociétés religieuses, et fonda une place de professeur dans un de nos collèges, sans compter ce qu'il fit de concert avec quelques amis pour en fonder une encore dans un autre.
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l'on veut, autorisée par l'Elal. Plus larrl, un Iroisicme frèr(3 , William Philips fil des disposilioiis lestamenlaires en faveur de l'étahlissenienl. Celle académie, une des plus riches des Elals-Unis, a bien servi lesintérêls de la science et de la religion. Ses fondateurs en ouvrirent l'accès à tout le monde, mais ils la placèrent sous une curatelle protestante, et ils entendirent que l'enseignement religieux y fût orthodoxe, dans le vrai sens du mot. Selon leurs intentions, beaucoup de jeunes gens sortirent de là pour se former au saint ministère ; et en 1808 les curateurs, utilisant une des clauses de l'acte de fondation, ajoutèrent à l'académie un séminaire théologique , qui est devenu l'un des plus distingués des Etats-Unis. Nous aurons à en reparler avec quelques détails.
Un grand nombre d'écoles secondaires et d'académies ont pour directeurs et pour professeurs des ministres de l'Evangile, qu'elles soient légalement reconnues ou non. Quelquefois ils consacrent tout leur temps à l'enseignement , d'autres fois ils le partagent entre l'école et l'église dont ils sont pasteurs. Alors ils se font ordinairement aider dans leurs travaux scolaires. On y emploie aussi comme instituteurs des jeunes gens pieux et pauvres qui , après avoir achevé leurs études préparatoires, se procurent ainsi les ressources nécessaires pour fréquenter ensuite une école de théologie. Mciis que ce soient des ministres ou de simples licenciés , toujours est-il que leur enseignement est d'un caractère religieux très-prononcé. Chaque jour ils lisent les Ecritures à leurs élèves ; les le-