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Voici le cours des éludes Ihéologiques dans ce séminaire : littérature sacrée, testanaentgrec et hébreu, essentiellement durant la première année; théologie chrétienne, seconde année ; rhétorique sacrée, histoire ecclésiastique et devoirs du pasteur, troisième année. L'instruction se donne au moyen de cours manuscrits, ou de livres servant de texte. Les étudiants en récitent la substance et le professeur les développe.
Jusqu'à leur dernière année, il n'est pas permis aux étudiants de prêcher, et on ne leur fait peint composer de sermons. Mais, durant celle dernière année, chacun d'eux peut se voir appelé à fonctionner dans la chapelle de l'établissement : puis il lui est permis de monter la chaire dans quelque paroisse du voisinage , mais toutefois sans trop s'éloigner, pour qu'il ne manque pas aux leçons du lundi. De plus, celle permission se limite à six dimanches. Les services de la chapelle se font d'ailleurs, à lourde rôle, par le président et les professeurs.
La plupart des étudiants sortent de collèges où ils ont été gradués, ce qui n'empêche pas qu'on ne leur fasse subir un examen d'introduction. Pendant la première année , ils suivent deux leçons par jour ; après quoi ils n'en reçoivent pour l'ordinaire qu'une seule.
On exige essentiellement des professeurs qu'ils entretiennent la piété parmi leurs élèves; ce que les fondateurs el les curateurs, non moins que les professeurs eux-mêmes, regardèrent loujours comme le grand objet de l'inslitution. Aussi voit-on chaque vendredi soir, la faculté tout entière se réunir aux élu-
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(liants pour se livrer à des exercices de piélé. Les élèves ont d'ailleurs entre eux des conférences et des réunions de prière.
Les jeunes gens pauvres, et il y en a beaucoup, reçoivent la moitié du prix de la pension qu'ils prennent en commun. Du reste, on n'exige aucune finance scolaire; il s'en paie une pour l'usage de la bibliothèque, pour l'entretien des salles et du matériel de l'école, mais elle est fort légère.
Comme on l'a vu, le cours d'études dure trois ans, et chaque élève, en entrant, promet de le suivre au complet. C'est exiger d'eux plus de temps qu'il n'en fallait lorsque les pasteurs formaient les jeunes minis- . très. Aussi n'est-ce pas sans peine qu'on a obtenu ce sacrifice, et de la part des églises et de la part des étudiants ; d'autant plus que cette règle n'existait pas dans l'origine de l'institution.
Il est plusieurs autres points encore sur lesquels l'expérience a servi de guide; car, le séminaire d'Andover élan t la plus ancienne de nos écoles de théologie, il y eut pour commencer bien des tâtonnements. iMais on peut dire qu'à la longue tout s'y est considérablement amélioré.
Il ne compta pas d'abord beaucoup d'étudiants. Cependant le nombre s'en est élevé graduellement jusqu'à cent cinquante. C'est là qu'il s'est maintenant arrêté, par l'effet de la fondation de séminaires analogues. Depuis son origine , il a reçu environ mille quatre cent quarante élèves, dont neuf cents seulement ont obtenu leur diplôme , les uns étant morts , d'autres
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ayant renoncé aux éludes, d'autres enfin s'élant placés ailleurs. De ces neuf cents , il en est une centaine qui se sont voués aux missions étrangères , et un plus grand nombre aux missions domestiques. Le conseil général des missions américaines, durant les dix premières années de son existence, a tiré d'Andover tous ses missionnaires à l'exception d'un seul. Bien des collèges et des écoles de théologie ont pour présidents et pour professeurs des hommes sortis de ce séminaire, et bon nombre de sociétés religieuses lui doivent leurs secrétaires et leurs agents.
On peut donc envisager aussi l'école d'Andover comme un véritable institut missionnaire. Dans le même temps à peu près où elle se fondait, naquit la « Société d'Etudes sur les missions » dont presque tous les élèves sont membres. Cette Société possède une bibliothèque et un musée remarquables. Elle exerce une heureuse influence sur toute l'école. On enseigne d'ailleurs dans celle-ci, comme dans presque tous les séminaires théologiques des Etats-Unis, que le pasteur doit être missionnaire au fond de l'âme , et qu'il faut , en se vouant au ministère , se tenir prêt à aller quelque part que le Seigneur envoie. Au surplus, Andover offre toutes les facilités possibles pour être au courant des nouvelles relatives aux missions , soit par des correspondances régulières et par les visites des missionnaires, soit par les relations qu'on y soutient avec les membres du Conseil Américain.
On tient pour une des meilleures bibliothèques Ihéologiques des Etats-Unis, celle d'Andover, qui,
choisie avec soin , se compose de quatorze mille volumes, et possède un fonds destiné à la pourvoir de nouveaux livres. Les ouvrages allemands y sont en grand nombre. On n'en a point complètement exclus ceux des néologues; car les jeunes gens qui font des éludes sont destinés à regarder en face l'ennemi , et non pas à fuir sa présence.
Outre celle bibliothèque, il en existe une autre appartenant à une société connue sous le nom de Société de Rhétorique de Porter, le premier président du séminaire. Ce fut lui qui fonda cette association dont les bienfaits ont été considérables.
Une discipline sévère préside à l'établissement. On entend que les étudiants fassent régulièrement leurs travaux particuliers, qu'ils n'absentent pas les leçons, qu'ils assistent aux prières du malin et du soir dans la chapelle et qu'ils fréquentent le service divin du dimanche. Il y a eu des étudiants renvoyés pour écarts de conduite ; et l'on a même une fois déposé un professeur , après une enquête consciencieuse , parce qu'il avait négligé les devoirs de sa place.
La somme totale des dons recueillis pour l'érection des édifices , pour la dotation des chaires de professeurs, pour les bourses d'étudiants, pour la bibliothèque, etc, s'élèvent au moins à 400,000 dollars. Le plus libéral des donateurs, M. Barllett, doit y avoir consacré plus de 100,000 dollars, outre un legs de 50,000. Il n'a jamais voulu dire à personne ce que lui coûtèrent quelques-uns des édifices entièrement construits à ses frais. M. Abbot donna près de 120,000 dollars. On
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n'eut, en aucun temps, besoin d'ouvrir une souscription générale, quoiqu'il y ait eu passablement de contributions qui n'allèrent que de 500 à 5000 dollars.
A ces détails j'ajouterai que l'établissement possAde une imprimerie. On la connaît sous le nom de presse de Codman , parce que le révérend docteur Codman de Dorchesler l'a enrichie d'un assortiment de caractères orientaux.
Enfin, et avant de passer à d'autres institutions analogues, disons qu'il en est peu qui aient rendu de plus éminents services. Son nom se rattache à la fondation et aux succès des missions étrangères, aux Sociétés bibliques et des traités, à la Société de colonisation et à celle de tempérance, essentiellement par l'activité de ce Mills, * à jamais regrettable , et de ses compagnons d'oeuvres, tous sortis d'Andover. Si d'ailleurs je me suis arrêté longuement sur ce séminaire , c'est non-seulement qu'il est le plus ancien , le plus riche, le plus fréquenté de tous, mais parce qu'il a été , en quelque sorte , le modèle sur lequel tous les autres se sont formés. ^
^ Lerév. Samuel J. Mills, jeune homme plein de zèle et de talent, qui prit part à lal'ondation de plusieurs sociétés religieuses et mourut sur la côte d'Afrique, occupé à y chercher un emplacement pour l'établissement d'une colonie de nègres.
*' Au commencement de \Sï2, la faculté d'Andover se composait du rév. Justin Edwards, docteur en théologie, président ou recteur ; des rév. D" Woods et Emerson , et de MM. Stuart, B. B, Edwards et Park, professeurs. — Le professeur Stuart est connu par ses commentaires sur les Epîtres aux Romains et aux Hébreux» comme par sa grammaire hébraïque et (juelques autres écrits. Le I. 29
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Le second séminaire Ihéologique des Elals-Unis fut celui que l'église presbytérienne institua en 1812, à Princetown (New-Jersey). Loin d'être aussi riche que celui d'Andover, il s'est vu souvent en de grands embarras financiers. Il n'a pas laissé d'acquérir une juste célébrité par les talents distingués des professeurs et les excellentes études qu'on y fait. Le nombre des étudiants y a été, pendant plusieurs années, de cent vingtcinq à cent quarante; celui des ministres qui en sont sortis dépasse douze cents. L'esprit missionnaire anima cet établissement dès son origine , et beaucoup de ses anciens élèves annoncent l'Evangile aux païens. Comme à Andover, il existe à Princetown une Société d'études sur les missions.
Voici quelle est la marche des cours dans ce séminaire. Première année : hébreu, exégèse du Nouveau- Testament grec, géographie et chronologie sacrées, antiquités judaïques, rapports de l'histoire sainte et de l'histoire profane. Seconde année : critique de la Bible, histoire ecclésiastique, théologie didactique. Troisième année : polémique, suite de l'histoire de l'église, gouvernement ecclésiastique, théologie pra-
\)' Edwards est l'honorable fondateur des sociétés de tempérance. Il n'a d'ailleurs écrit que dans l'intérêt de cette cause, outre quelques sermons excellents. On a du D"^ Woods des écrits peu volumineux, mais très-solides sur le baptême, sur l'inspiration des Ecritures, etc. M. B. B. Edwards a beaucoup écrit dans les journaux. On lui doit plusieurs travaux remarquables sur les missions ; puis une vie du D^ Cornélius; et, de concert avec le professeur Park, il a donné au public un volume intéressant de morceaux choisis, traduits de l'allemand.
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lique, composition el récitation de sermons. Les étudiants sont appelés à fournir, chaque semaine, quelque essai de composition, et une fois par mois ils ont un discours à prononcer devant les professeurs. On consacre d'ailleurs un soir par semaine à discuter les points les plus importants de la théologie. Le sermon du dimanche malin se fait, dans la chapelle, par un des professeurs; l'après-midi, les étudiants se forment en conférence pour traiter des sujets de casuistique. Les professeurs président à ces conférences, qu'ils terminent en ajoutant leurs observations à celles des étudiants. Le service tout entier est précédé et suivi de chants et de prières.
C'est dans ces conférences qu'on traite des questions telles que celles-ci : A quoi reconnaît-on la vocation au saint ministère? Quelle est la vraie préparalion à la cène? Quels sont les signes de la repentance? Ceux de la foi? Que faut-il faire pour bien mourir? On ne saurait croire toute l'utilité de ces exercices, où la discussion est à la fois sérieuse et franche. C'est là que les dignes professeurs du séminaire ont l'occasion de déployer leurs profondes connaissances dans les choses spirituelles.
C'est un fait remarquable et pour lequel il y a bien des actions de grâces à rendre à Dieu, que les premiers professeurs de Princetown lui aient tous été conservés jusqu'à ce jour.* Ils occupent, ainsi que
* Les rév, D" Alexancter et Miller, qui se sont fait l'un et l'autre une réputation justement méritée par leurs leçons et par leurs
leurs plus jeunes collègues, un rang distingué parmi les théologiens d'Amérique, et leur opinion est d'un grand poids dans l'église à laquelle ils appartiennent.
La convention générale de l'église épiscopale protestante ouvrit une école de théologie à New-York, en 1817. Elle dut son existence à John Hobarl, qui fut longtemps évéque de ce diocèse. Elle compte cinq professeurs, hommes éminenls et d'une grande influence dans leur église et ailleurs. Cet institut a joui d'une prospérité non interrompue. Il compte habiluellemenl de soixante-quinze à quatre-vingts étudiants.
En 1822, les diocèses de Virginie et de Maryland fondèrent un nouveau séminaire dans le comté de Fairfax, à quelques milles d'Alexandrie. Il a quatre bons professeurs et une cinquantaine d'élèves. L'église épiscopale et le pays tout entier lui ont de grandes obligations.
Nous pourrionsencore faire une mentionparticulière du séminaire théologique des baptistes à Newton , près de Boston ; de celui des luthériens à Geltysburg, où le révérend docteur Schmucker enseigne avec tant de distinction ; de celui des réformés hollandais et de quelques autres ; mais nous devons nous borner à
écrits. Ils ont maintenant pour collègues le rév. D^ Hodge, connu en Europe par son excellent ouvrage sur l'Epître aux Romains, et le rév. J. A. Alexander, auteur d'un grand nombre d'articles insérés dans le Biblical Repository and Princetown Review, publication trimestrielle qu'alimentent depuis près de vingt ans les professeurs du séminaire et ceux du collège de New-Jersey, l'un et •'autre dans le village de Prmcetown.
CBAP. XVIIl.
SEMINAIRES THEOLOGIQl^ES.
donner une liste générale de toutes ces institutions. On verra quels immenses progrès ont faits les études Ihéologiques depuis le temps oij le docteur Masou ouvrit son école. Il est à observer d'ailleurs que les établissements désignés, dans la table suivante, sous le nom de dépariement de théologie, bien que se rai lachant à quelque académie ou à quelque collège, ont, néanmoins, leurs professeurs à part et sont bien réellement des écoles, ou des facultés distinctes du reste de l'institution.