‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 172 sur 185 · I.OI DE JEFFERSOX SUtt LA TOLERANCE · texte numérisé non relu

I.OI DE JEFFERSOX SUtt LA TOLERANCE

Peut-être ne sera-t-on pas fâché de connaître cette célèbre loi que Jefferson se glorifiait d'avoir rédigée et soutenue : la voici :

« Considérant que le Très-Haut a créé les âmes libres; considérant que tout ce que l'on fait pour les inlliiencer par des cluitiments temporels, par l'oppression, par la privation des droits civils, ne tend qu'à engendrer des habitudes d'hypocrisie et de bassesse, et cela en opposition manifeste avec les vues du saint Fondateur de lîotre religion (lequel, étant le Maître de nos corps et de nos Ames, eût pu employer, pour nous ramènera lui, la contrainte, et corporelle et spirituelle, ce qu'il n'a pas fait); considérant que l'impie présomption des législateurs et des princes , tant civils qu'ecclésiastiques . qui , bien qu'hommes

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faillibles , cl u(h\ inspirés , se sont arrogé rem])irc sur la foi d'autrul et oui voulu imposer leurs opinions el leur manière de voir, esl précisériienl ce (lui a élal)li el mainleiiu, dans la |»lus grande pailie du monde el durant les siècles, toules sortes de fausses religions; considérant qu'il y a du péché cl de la tyrannie à contraindre un homme à payer des impôts pour la propagation d'une foi qui n'est pas la sienne ; considérant même que forcer quelqu'un à payer tel ou tel ministre de sa propre communion, c'est lui ôler la précieuse liberté d'allouer ses contributions au pasleur particulier dont il se plairait à prendre la conduite pour modèle, el dont il apprécie le plus la sainte éloquence ; que c'est priver les ministres eux-mêmes de ces récompenses temporelles, qui, méritées par leurs travaux et leur zèle, ne peuvent que les stimuler toujours plus à se dévouer de tout leur cœur à l'instruction de riiumanité ; considérant que nos droits civils n'ont pas plus de rapport avec nos convictions religieuses qu'avec nos opinions en physique et en géométrie ; considérant que priver un citoyen de la confiance publique, ne lui accorder des emplois que s'il professe ou abjure certaines doctrines religieuses, c'est injustement le dépouiller des privilèges et des avantages auxquels il a un droit naturel et égal à celui de tous ses concitoyens ; considérant que ce système a pour eRét de corrompre dans sa source la religion même qu'il se propose de favoriser , puisqu'on lui gagne des partisans en onVant le monopole des honneurs et des salaires , moyen corrupteur au plus haut point ; considérant que, s'il y a du crime à écouler de telles tentations, il n'y en a pas moins à les faire naître; considérant que permettre au magistrat d'intervenir dans les questions de doctrine et de restreindre la profession ou la propagation de certains principes à raison delà fâcheuse tendance qu'on leur suppose , est une erreur funeste qui détruit toute liberté religieuse, puisque le magistrat lui-même demeure juge de celle tendance, qu'il prendra pour règle de son jugement ses propres opinions, et qu'il approuvera ou condamnera celles des autres suivant qu'elles cadreront ou non avec les

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