‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 18 sur 185 · CIIAP. IX. ÉTUDE DU PEUPLE AMÉRICAIN · texte numérisé non relu

CIIAP. IX. ÉTUDE DU PEUPLE AMÉRICAIN

le verrons ensuite, les colons s'étaient organisés et se gouevrnaient eux-mêmes, avant de débarquer sur les rivages qui allaient devenir le théâtre de leur prospérité. Dans le midi enfin , une religion sincère assurément et d'une influence qui ne fut pas sans bons effets, mais une religion toutefois assez voisine du papisme, et qui , tenant beaucoup à l'extérieur, voulait un rituel imposant ; dans le nord , le culte le plus éloigné (|ui se puisse de celui de Rome, et quant à l'esprit et quant à la forme, puis pour seul guide la Sainte-Ecriture, et pour seul chef Jésus-Christ.

Telles furent les colonies américaines à leur naissance. Mais leur histoire ne suit pas les mêmes phases (jue celle d'Angleterre. En Amérique, les colons déduisirent les conséquences légitimes des grands principes de liberté civile et religieuse que leurs pères avaient appris à l'école de l'oppression et par de longues et vives luttes. En Angleterre, après avoir fourni quehjue temps la même carrière, on en vint à renverser toute autorité et à plonger le pays dans une anarchie qui aboutit au despotisme militaire; c'était le triste fruit de l'exagération des principes. En Amérique, l'on vit s'améliorer , insensiblement, et malgré l'opposition du trône, les formes de gouvernement populaire qu'on y introduisit dès l'entrée. En Angleterre, les excès delà république provoquèrent une réaction dont , après deux siècles, la Grande-Bretagne subit encore les effets. Et, bien qu'il n'y eut jamais de sujets plus dévoués à la couronne, ni de citoyens plus attachés à la mèrepatrie, les colons américains se virent, par les injustes

procédés do la mélropole, conlrainls à rompre les liens qui les unissaient à elle et se donnèrent un gouvernement indépendant.

Les premiers colons de l'Amérique et leurs fils, pendant plusieurs générations, furent partisans de la forme monarchique, et il fallut, pour les en détacher, les nombreuses vexations dont ils furent victimes. Dans tous les points essentiels, il faut d'ailleurs le reconnaître, la liberté des colons n'était pas inférieure à celle que leur a domiée l'indépendance; et le peuple des Etals-Unis n'est guère plus libre maintenant, que les pères de notre révolution ne pi'ôlendaient devoir et pouvoir l'être, sous la constitution de la Grande-Bretagne et sous le gouvernement de ses rois.

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