‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 24 sur 185 · CHAP. I. CARACT. RELIG. DES PREM. COLONS · texte numérisé non relu

CHAP. I. CARACT. RELIG. DES PREM. COLONS

server autant que possible les anciennes formes et se flattant de gagner d'autant mieux le peuple à la foi évangélique , s'opposaient à de trop grands changements dans la discipline et dans le gouvernement de l'église. Les autres, rejetant avec une haine implacable tout ce qui venait de Rome en fait de culte, voulaient qu'on abjurât sans retour ce qu'on ne pouvait justifier par les termes exprès de la parole de Dieu. Comme ils aspiraient à purifier l'église de toutes les inventions humaines qui la souillaient, on leur donna le nom de puritains. Ce fut d'abord un terme de mépris que, plus tard, ils ne firent pas difficulté d'accepter. A leurs yeux , il n'existait ni ne pouvait exister d'autre règle que la Bible, pour les cérémonies du culte, comme pour la doctrine; et ils n'accordaient pas qu'il fût jamais permis de lui opposer les décisions du clergé, ou les ordonnances royales , ni même les lois du parlement. Ce fut sur celte base solide qu'ils se posèrent, soutenus par l'approbation de Bucer, de Martyr et de Calvin.* Ainsi, tandis quelesépiscopaux, ou les cléricaux,^ comme leurs adversaires les appelaient, se rattachaient aux anciennes formes dans tout ce qui leur paraissait indifférent en soi, les puritains n'estimaient indifférent rien de ce qui rappelait Rome. Ils voyaient, par exemple, dans le surplis du prêtre,

^Slrype's Mémorial, vol. Il, chap. 28. Hallam's ConstUulional History of England, vol. I, p. 140.

2 Cléricaux. Nous traduisons ainsi le mot Churmen, les hommes de l'Eglise-clergé, ou, comme on dit quelquefois, de la Haute-Eglise. {Trad.)

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la livrée de la superslilion , le sceau des Iriomphes remportés par le pouvoir humain sur la souveraine autorité de Dieu. Ils furent d'abord en petit nombre ; mais bientôt leurs opinions eurent parmi le peuple un parti qui alla croissant. *

Durant le règne sanguinaire de la reine Marie, de 1553 à 1558, les protestants coururent tous les mômes dangers, mais les puritains plus que les autres. Des milliers d'entre eux se réfugièrent sur le continent ; surtout à Francfort, à Emden, à Wesel, k Bàle, à Marpurg, à Strasbourg et à Genève. Dans la première de ces villes leurs disputes recommencèrent avec une grande acrimonie, et ce fut inutilement que Calvin s'efforça de les pacifier. Enfin , la plupart des puritains se retirèrent à Genève, où ils trouvèrent une doctrine, un culte et une discipline d'accord avec leurs convictions. Pendant la résidence qu'ils y firent, ils adoptèrent pour leur service une liturgie dont le réformateur genevois leur fournit le plan, et ils traduisirent la Bible en anglais.^ Cependant, la persé-

1 On a souvent blâmé les puritains de l'obstination avec laquelle ils repoussaient des choses assez indifférentes au fond. Mais, comme l'a très-bien dit le président Quincy, dans son discours de jubilé prononcé à Boston , « on ne doit pas mesurer la sagesse du zèle à la nature de l'objet sur lequel il se porte, mais aux principes que les circonstances et l'opinion générale ont identifiés avec cet objet. »

2 Cette version fut d'abord publiée en 1560. On l'estima tellement, surtout à cause de ses notes, qu'elle obtint trente éditions. Le roi Jacques ne pouvait la souffrir, ni elle, ni ses gloses, qu'il disait pleines « d'intentions perfides». Ce fut de cette version de

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