‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 25 sur 185 · CHAP. I. CAUACT. RELIG. DES PREM. COLONS · texte numérisé non relu

CHAP. I. CAUACT. RELIG. DES PREM. COLONS

cution suivait son cours. Cranmer, à qui la reine devait la conservation de sa vie , Hooper , Roger et d'autres illustres serviteurs de Dieu sont menés au supplice, et une grande partie du clergé rentre sous la domination du pape.

A la mort de la reine Marie, des puritains en foule regagnèrent leurs foyers, y rapportant leur haine pour les cérémonies papistiques, haine accrue par la persécution même dont on les avait abreuvés, et par le spectacle si doux que leur avait offert le culte spirituel des églises réformées du continent. Mais ce fut en vain qu'ils s'efforcèrent d'obtenir des changements un peu considérables. Elisabeth, qui avait succédé à Marie, ne voulut pas en entendre parler ; elle se borna donc à replacer l'église dans l'état oiî l'avait laissée Edouard VI. Or, par cela même que la reine cherchait manifestement à se concilier les partisans de Rome, elle ne pouvait, même dans les choses indifférentes, leur faire la moindre concession, sans que les puritains la lui reprochassent vivement. Bien qu'elle professât la foi prolestante, elle dissimulait à peine son affection pour certaines pratiques du papisme. Aussi avait-elle en profonde aversion les puritains ; et cela, non pas seulement par l'opposition que ses vues en religion rencontraient auprès d'eux; mais

la Bible que les colons de la Nouvelle-Angleterre se servaient de préférence; car celle que le roi Jacques fit. publier en 1611 n'avait pas encore obtenu tout le crédit qu'elle eut plus tard. (Strype's Annals ; Barlow's Sum and Substance of fhe Conférence al Hampton Court.)

Ik LA RELIGION EN AMÉRIQUE. LIV. Il

encore par les principes politiques dont ils devinrent les d(^fenseurs. L'opinion se prononçait toujours plus fortement contre la rigueur avec laquelle on exigeait de tous la conformité aux ordonnances royales sur l'exercice du culte. Le parlement lui-même se pénétrait de cet esprit et trahissait une disposition secrète à favoriser les puritains, dont la cause s'associait avec celle de la liberté civile et de la tolérance. Cependant les évêques et la majeure partie du haut clergé entraient dans les vues de la reine et la soutenaient de leur crédit. Whitgift surtout, archevêque de Cantorbéry, exigeant impérieusement l'obéissance, un grand nombre de ministres se virent dépouillés de leurs bénéfices par la commission d'Etat. Ils durent se borner à présider quelques réunions particulières ; encore ne le pouvaient-ils pas toujours; et l'on donna leurs places à des hommes qui ne les valaient, ni pour les talents, ni pour la piété.

On eut beau faire, le nombre des puritains ne cessa de croître durant le long règne d'Elisabeth, et les services qu'ils rendirent à leur pays furent considérables. Il est permis d'en juger par le témoignage d'un historien qu'on accuse avec justice d'avoir épié toutes les occasions de jeter du discrédit sur la cause de la religion et de la liberté, d'un homme qui d'ailleurs nourrissait un dédain particulier pour les sectateurs du puritanisme. C'est Hume qui dit quelque part : « Le nol)le feu de laliberté se fût complètement éteint, si la secte puritaine n'en eût rallumé et entretenu de précieuses étincelles. »

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