‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 35 sur 185 · CHAP. III. LES PREIW. COL. — MASSACHUSETS · texte numérisé non relu

CHAP. III. LES PREIW. COL. — MASSACHUSETS

avait investies de territoires qui comprenaient presque toute l'Amérique du Nord. Chacune de ces compagnies avait un conseil, mais la couronne s'était réservé la haute main sur toutes les affaires coloniales. Après dix-huit années d'existence, la Compagnie de Londres fut dissoute; celle de Bristol n'avait servi qu'à faciliter quelques expéditions commerciales sur les côtes des pays qui lui avaient été attribués.

A la fin, et sur les instances réitérées du capitaine Smith, la Compagnie de Bristol, ou de l'Ouest, demanda le renouvellement de sa patente avec une augmentation de pouvoirs, et elle l'obtint, malgré l'opposition du parlement et de l'opinion publique. Le 3 novembre 1620, le roi délivra cette charte à quarante de ses sujets, au nombre desquels figuraient des gens de sa maison et de son gouvernement, et quelquesuns des hommes les plus riches et les plus puissants de l'aristocratie. Il leur cédait en pleine propriété, pour l'administrer et en disposer comme ils l'entendraient, toute la portion de l'Amérique du Nord qui va de l'Atlantique à l'océan Pacifique, entre le 40® et le 4-8' degré.

Qu'on veuille bien rapprocher les dates. La charte du roi Jacques est du 3 novembre 1620, c'est-à-dire l'époque précise oii nos pèlerins du Mayflower cinglaient vers les rivages américains. Ils étaient partis sans autorisation légale en due forme; mais peu de temps après, ils l'obtinrent de cette Compagnie même qui s'était formée depuis leur départ, et qui^ par une rencontre particulière, s'intitula Compagnie de Ply-

94 LA KKI.IGION EN AMÉKIQUK. I.IV. Il

moulli, (le la ville d'Angleterre où elle eut son siège principal.

On l'appelait aussi le Conseil de la Nouvelle-Angleterre, et de toutes ses concessions de territoire, il n'y en en eut pas de plus irnpoitanle assurément que celle du Massachusels.

L'an 1628 vit s'organiser une corporation dans le but avoué de fournir un asile aux chrétiens de l'Ancien-Monde qui essuyaient des persécutions, et d'étendre par là même le règne de Jésus-Christ. Il s'agissait en conséquence de fonder une colonie sur une grande échelle. Six hommes assez marquants de la ville de Dcrchester achetèrent de la Compagnie une zone de territoire qui devait aller d'un océan àl'autre, entre un point situé trois milles au sud de la baie de Massachusets et un autre point situé trois milles au nord du fleuve Merrimac, tout le lon2c de son cours. De ces six individus, il en fut trois, Humphrey, Endicot et Whetcomb, qui gardèrent leur part dans l'entreprise, tandis que leurs associés firent cession de leurs droits à MM. Winlhrop, Dudley, Johnson, Pynchon, Eaton Sallonslall et Bellingham, noms célèbres dans l'histoire des colonies , et à d'autres personnages passablement riches et chauds partisans de la colonisation. Pleine de force et d'espérance, la nouvelle société n'est pas plus tôt formée qu'elle se hâte d'expédier deux cents colons sous la conduite d'Fndicol, homme courageux, d'un caractère ouvert, ferme dans ses desseins et prompt à les exécuter, justement ce qu'il fallait pour une telle expédition. Ils

Page 1