CHAP. 11F. LES PREM. COL.— MASSACHUSETS
arriver! l dans la baie du Massachusets en novembre 1628 et s'établissent à Salem, oh ils trouvent déjà quelques colons venus de la Nouvelle-Plymouth.
Ces faits, on le conçoit, excitèrent vivement l'intérêt croissant que l'Angleterre portait k la colonisation de l'Amérique. Opprimés comme ils l'étaient, les puritains ne pouvaient manquer de diriger leurs pensées vers ces contrées du soleil couchant, que tout semblait leur indiquer comme le lieu où ils trouveraient enfin la tranquillité que leur refusait la pairie. Les esprits s'animèrent tellement dans tout le royaume, que, non-seulement à Londres, à Bristol et k Plymouth, mais encore à Boston et en d'autres villes de l'intérieur, on trouva sans peine des hommes influents prêts k engager leur fortune dans ces entreprises coloniales. On s'employa de toutes parts pour obtenir la sanction royale en faveur de la Compagnie du Massachusets que le Conseil de la Nouvelle-Angleterre venait d'instituer, et après beaucoup de difficultés et de dépenses, le 4 mars 1629, la patente reçut le sceau de Sa Majesté.
Cette charte, qui porte la signature de Charles I, suppose une compagnie de commerce, plutôt qu'une corporation politique. La gestion des affaires y est confiée au gouverneur, au sous-gouverneur et à treize assesseurs élus par les actionnaires ou copropriétaires. Ces derniers devaient se réunir au moins quatre fois l'an pour régler en commun leurs intérêts, sans que leurs actes eussent besoin de la sanction royale. Les individus en faveur desquels la couronne octroya cette
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patente ne comptaient point au nombre des indépendants on séparatistes, et certes ni le gouvernement, ni la Compagnie ne se doutaient jusqu'à quel point s'éloigneraient des institutions de l'Eglise anglicane, ceux qui allaient émigrer en \erlu de l'acte royal.
Il peut semi)ler étrange qu'une charte qui conférait à la Compagnie des pouvoirs illimités, sans garantir d'aucune sorte les droits des colons, ait servi de point de départ aux colonies qui furent les plus libres de toutes; c'est que la Compagnie avait, par son diplôme, pleine compétence pour fixer les conditions d'admission des nouveaux membres, et ensuite qu'elle n'était pas obligée de tenir ses assemblées en Angleterre. Or, comme la corporation se composait tout entière de puritains, il ne fut pas trop difficile, au moyen de démissions et de nouvelles élections, de choisir un gouverneur, un sous-gouverneur et les treize assesseurs parmi ceux qui se proposaient d'émigrer. La Compagnie finit ainsi par s'identifier complètement avec la colonie elle-même.
L'une de ses premières opérations avait été de renforcer la petite troupe qui était partie avec Endicot. Deux cents émigranls le rejoignirent à Salem, sous la conduite pastorale du rév. Francis Higginson, ministre non-conformiste fort distingué, qui avait accepté cette charge avec un vif empressement. Par leur arrivée, au mois de juin, la colonie de Salem reçut un accroissement notable ; mais les maladies de l'hiver enlevèrent quatre-vingts colons, et parmi eux