CHAPITRE IV
CARACTÈRE RELIGIEUX DES PREMIERS COLONS
Fondateurs de la Nouvelle-Angleterre. — Colonies du Connecticut , de Rhode-Island, de New-Hampshire et du Maine. — Observations générales.
La colonie de Plymouth n'existait que depuis trois ans, lorsqu'elle poussa ses premiers rejetons. L'un
naissance des vérités du salut. Les premiers colons tenaient beaucoup à ce dédoublement du ministère évangélique; mais on comprend que ce système n'ait pas dû leur survivre de beaucoup.
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d'eux alla se planter, l'an 1623, à Windsor, sur les riches lerres d'alluvion que forme le Conneclicul. Ce qui l'y conduisil, ce fut moins cependant la fertilité du sol que les avantages que cet emplacement olîrait au commerce des fourrures. Mais quand on eut connaissance, en Angleterre, des trésors naturels qu'enfermait celte contrée, le comte deWarwick acheta, du conseil de la Nouvelle-Angleterre, toute la vallée du Connecticut, acquisition qu'il transféra, l'année suivante, au lord Say and Seal, au lord Broke et à Jean Hampden. Deux ans plus tard, les Hollandais, qui réclamaient ce territoire pour l'avoir découvert, envoyèrent de Manhattan, où ils résidaient, une expédition sur la rivière du Connecticut, et ils y construisirent un fort qu'ils appelèrent Bonne -Espérance (Good Hope). En 1635, le jeune Winlhrop, qui devait être le bienfaiteur du Connecticut, arriva d'Europe, chargé par les propriétaires de fortifier l'embouchure du fleuve, ce qu'il fit rapidement. Mais déjà des colons du voisinage de Boston s'étaient établis à Hartford, à Windsor et à W^eathersfield.
Tout à la fin de 1635, une société de soixante personnes, hommes, femmes et enfants, s'embarqua pour le Connecticut, et souffrit cruellement de l'inclémence de la saison. En juin de l'année suivante, une autre société d'un centaine d'individus quitta Boston pour cette môme destination. Il s'y trouvait plusieurs des plus respectables colons de la baie de Massachusets. Ils s'étaient placés sous la conduite de Hayes, qui avait été pendant un an gouverneur de Boston, et de Hoo-
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ker, ce prédicateur que nul n'égalail dans le Nouveau- Monde, si ce n'est son collègue Colton , encore celuici ne pouvait-il lui être comparé pour la force de caractère, la bonté de cœur et la magnanimité. S'arrêtant donc à Tendroitoii l'on voit maintenant la ville de Hartford, ils y fondèrent la colonie du Connectieut. Ils avaient emporté avec eux l'arche du Seigneur et ce fut là-dessus qu'ils basèrent leurs institutions. Trois années leur suffirent pour régler leur gouvernement politique. Imitant la colonie de Plymouth, ils souscrivirent d'abord une alliance solennelle, ou contrat social, puis ils rédigèrent une constitution fondée sur les principes les plus libéraux. Les magistrats et la législature étaient élus annuellement au scrutin. Chaque ville ou commune nommait des députés en nombre proportionnel à sa population. Tout membre de la colonie jouissait des droits électoraux, après avoir prêté serment à la république. Deux siècles se sont écoulés dès lors, et le Connecticut s'estime heureux de n'avoir jamais dévié de ces principes.
Mais avant que la colonie eût pu achever son organisation, elle dut se défendre contre ses voisins les Péquods. Ce fut la première guerre entre les colons elles tribus indigènes, et l'on doit reconnaître que, de la part des premiers, elle n'eut rien d'injuste, si toutefois on peut jamais dire cela d'une guerre quelconque. Les Péquods se l'attirèrent par des assassinats réitérés. En moins de six semaines , tout se termina par l'anéantissement de la tribu. 11 resta peut-être deux cents individus que les colons réduisirent en es-
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clavage, ou (jui s'anialgamùrent avec les Mohicans el les Narragausells.
La colonie de New-Haven, de son côlé, fui fondée en 1638 par un corps de puritains qui , de môme que leurs prédécesseurs, suivirent les doctrines calvinistes et recevaient alors les soins pastoraux du révérend John Davenport. Ils nommèrent pour leur premier gouverneur l'excellent Théophile Eaton, elle perpétuèrent dans cette place d'année en année durant vingtcinq ans. Au mois d'avril , par un temps encore froid, ils passèrent leur premier dimanche sous les branches touffues d'un grand chêne , et leur pasteur les entretint delà tentation de Notre Seigneur dans le désert. Après avoir consacré un jour au jeûne et à la prière, ils jetèrent les bases de leur gouvernement civil, en convenant « de se soumettre aux règles que leur fourniraient les Ecritures. » Puis ils achetèrent des Indiens les terres qu'il leur fallait. L'année suivante, ces humbles disciples de celui qui n'eut qu'une crèche pour berceau, tinrent leur assemblée constituante dans une étable, et se persuadant que la Parole de Dieu renferme le parfait modèle d'une république bien organisée, ils y puisèrent les principes politiques et religieux de la leur. Ce qu'ils proclamèrent comme les grands objets de leur association , ce fut la pureté des doctrines de la foi et de la discipline, la liberté de leur culte, le service et la gloire de Dieu. Le Seigneur approuva leur dessein , et au bout de bien peu d'années la colonie pouvait montrer ses nombreux établissements tout le long du détroit et sur les rives opposées de Long-Island.