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LES ABORIGÈNES DE L' AMÉRIQUE DU NORD

Lorsque les Européens découvrirent l'Amérique du Nord, elle était occupée par un grand nombre de tribus

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non civilisées, (jui , malgré leurs traits de différence, avaientmanifeslenient une môme origine. Ces hommes vivaient de la vie sauvage. Ils avaient pour habitations de simples huttes, et une peau d'animal formait leur vêlement. Ils ignoraieni, à proprement parler, l'agriculture, et manquant de Iroupeaux, l'usage du lait leur était inconnu. La chasse et la pêche leur fournissaient une subsistance fort précaire, dépourvus qu'ils étaient de bonnes armes et de filets ajustés avec un peu d'art. De là, comme on le conçoit, de fréquentes famines et une exislence en somme très-misérable.

On trouvait chez eux quelques notions d'un pouvoir suprême gouverneur de ce monde, et d'un méchant esprit ennemi du genre humain ; mais rien de plus indigeste ni de plus incohérent que leur théogonie. Quelques-uns imaginaient une sorte d'Elysée où les braves guerriers jouissaient des plaisirs de la chasse et de la guerre ; mais, en général, ils n'avaient pas la moindre idée de la résurrection des corps. Quanta leur origine, ils l'ignoraient complètement. Leurs traditions, et encore des traditions fort confuses, ne remontaient pas au-delà de trois ou quatre générations.

Pleins de la plus généreuse hospitalilé pour les étrangers, ils n'en étaient pas moins d'une cruauté révoltante avec leurs ennemis. Mais comment s'en étonner, quand on voit ce que peuvent commettre d'atrocités des hommes qui professent le christianisme? Hélas ! il n'y a rien de si détestable dont ne soient capables les cœurs destitués de la grâce de Dieu !

CIIAP. II. LES ABOIUGÈNES. Il

Cependant il resiail aux Indiens quelque chose de la loi morale que Dieu déposa dans la conscience de l'homme à son origine ; mais on avait l)ienlôt parcouru tout leur catalogue des vertus et des vices, et ce n'est pas chez eux qu'il fallait chercher une idée nette du bien et du mal.

Au moment où les Européens commencèrent à coloniser l'Amérique du Nord , on pouvait compter, à l'est du Mississipi, huit races ou familles indiennes. Chacune d'elles comprenait plusieurs tribus qui, semblables de mœurs et de langage, entretenaient de constantes relations. C'étaient 1° les Algonquins, qui se subdivisaient en diverses tribus fort considérables. A elle seule , cette famille occupait la moitié du territoire à l'est du Mississipi et au sud du Saint-Laurent et des lacs; 2" les Sioux ou Dacotas, qui vivaient entre le lac Supérieur et le Mississipi ; 3" les Hurons-Iro- Quois, dont on connaît les principales tribus sous le nom des Six-Nations, savoir les Mohawks , les Oneidas, les Onondagas, les Cayougas, les Senecas et les ïuscaroras. Ces derniers, qui occupaient primitivement les Carolines , rejoignirent ceux de leurs frères dont les habitations étaient dans les parties nord et ouest de l'Etat actuel de New-York et dans une portion du Haut-Canada; 4° les Cataubas, qui vivaient surtout dans les contrées de la Caroline du Sud; 5° Les Che- ROKiES , habitants des montagnes de la Caroline, de la Géorgie et de l'Alabama ; 6° les Uchies, qui résidaient dans la Géorgie ; 7" les Natchès, célèbres par leur fin tragique; 8" enfin, les Tribus Mobiliennes, ou, comme

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les appelle M. Gallalin, les Mdskhogies-Choctas, qui occupaient loulc la coulrùe des Elals d'Alabama, de Mississipi el de la Floride. A celle famille apparliennenl les Crîks, lesChickalas, les Chaclas el les Semiuoles.

Malgré celle longue nonicnclalure, il ne viendra sùremenl à l'esprit de personne que ces tribus indiennes formassent une population compacte et prospère. A l'époque môme où les Européens fondèrent leurs établissements, plusieurs d'entre elles, régulièrement décimées par les maladies, par la famine el par la guerre, déclinaient à vue d'œil et s'en allaient disparaître. Après quoi nous devons bien confesser que le voisinage des nouveaux venus leur devint funeste, moins encore par la supériorité des armes européennes, que par l'introduction des liqueurs spirilueuses cl l'inoculation de maladies dont ces pauvres gens avaient été préservés jusque-là. C'est ainsi , par exemple, que la petite vérole a détruit récemment une tribu presque tout entière, celle des Mandans, vers le Missouri. *

Nous reviendrons plus tard sur ce triste sujet. Remarquons seulement pour l'heure que les Algonquins, dont, il y a deux siècles , on estimait le nombre à 90,000 âmes, n'offrent qu'un faible résidu de 20,000 personnes au plus. Des Hurons-Iroquois , il ne reste, dans les limites des Etals-Unis, que deux ou trois mille

> Pour plus de détails, on peut voir BancrofCs Hislory oflhe United States.

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individus. La plus grande partie de ceux qui existent se trouvent, je crois, au Canada. Les Sioux n'ont pas diminué. Les Cherokies se sont accrus. Les Cataubas ne forment plus une nation. Les restes des UcmES et des Natchèssc sont absorbés dans les tribus des Crîks et des Chactas. Enfin, les Mobiliens ont vu décidément leur nombre s'accroître dans les vingt-cinq dernières années. Réunis aux Cherokies et aux Algonquins, ils occupent maintenant le district que leur a assigné le gouvernement central, à l'ouest de l'Etat d'Arkansas.

En somme, on peut évaluer à 115,000 âmes le nombre des individus appartenant encore à ces tribus, sans compter ceux qui ont passé plus à l'ouest. Un auteur américain, digne de toute confiance, Bancroft, estime qu'à l'origine, la population indigène, dans le territoire actuel des États-Unis, pouvait s'élever à 180,000 âmes seulement.

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