‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 3 sur 185 · APERÇU GÉOGRAPHIQUE DE L'AMÉRIQUE DU NORD · texte numérisé non relu

APERÇU GÉOGRAPHIQUE DE L'AMÉRIQUE DU NORD

Il n'est pas sans intérêt pour le but qu'on se propose dans cet ouvrage, de rappeler brièvement les grands traits de la portion du continent américain où se trouvent les Etats-Unis.

On sait qu'à partir de l'isthme de Darien, elle forme un éventail qui s'ouvre avec une sorte de régularité 1. 1

et pressente au nord uudévcloppenienl de 4,500 milles, lacôle orienlalc suivuiil une direclioii uord-esl , ella côle occideiilale une direclion nord-ouesl.

Parallclemenl aux cùles et presque à une égale dislance, se voient deux chaînes de montagnes , les monts Alleghanys ou Apalaches le long de la côle orientale , et les montagnes Roclieuses ou l'Oi'égon vers l'océan Pacifique. Les Alleghanys sont à une dislance moyenne de 150 milles - de l'Atlantique, et leur plus grande largeur, dans la Virginie ella Pensylvanie, est d'environ 120 milles.

Lorsque les Europé(in$ découvrirent ce continent, et môme plus d'un siècle après , tout le pays qui descend des Alleghanys jusqu'à la mer, était encore couvert de forêts vierges que n'entrecoupait aucune clairière. Les sommets les ,pius élevés de la chaîne en étaient pareillement couronnés, et l'on n'apercevait non plus que des bois daiîsle fond des vallées.

L'Orégon , prolongement des Andes de l'Amérique du sudetdesCordillières de Gualimala et du Mexique, semble être pour l'Amérique entière comme la partie osseuse qui lie entre eux les membres de ce grand corps. Cette chaîne de montagnes laisse à Touest une longue bande de terrain dont la Russie réclame la portion septentrionale, le Mexique celle du sud , l'Angleterre et les Etats-Unis celle du centre. A l'exception de la partie la plus au nord, toutes ces contrées sont

» Nul n'ignore que l'on compte environ trois milles pour une lieue. [Trad.)

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fort belles, à ce qu'on assure, mais surtout la côte mexicaine.

Entre les Alleghanys et l'Orégon s'étend l'immense vallée centrale de l'Amérique du Nord. Plus large vers l'océan septentrional que vers le midi , elle se prolonge depuis cet océan jusqu'au golfe du Mexique, jetant ses eaux dans les deux mers. Elle se trouve ainsi partagée en deux sections naturelles qui n'ont l'une et l'autre qu'une faibleihclinaison. La plus basse des deux, et aussi la moins- belle et la moins fertile, c'est la vallée du nord; l'autrp^st connue sous le nom de vallée duMississipi. Dan'S sa partie la plus haute se voient , au milieu des forêts ,' ces vastes prairies dont aucun arbre n'ombrage les- herbes elles fleurs. Là se rencontrent aussi, entre la rfvière Rouge et la Platle, les terres désolées qu'on appelle le Grand Désert Américain. Ce sont d'énormes arna?5 de rochers et de sables manifestement descendus de l'Orégon.

Chacun sait d'ailleurs qu'outre le Mississipi et le Saint-Laurent, plusieurs fleuves magnifiques arrosent cette vallée, la plus grande qui soit au monde; que de belles eaux coulent aussi des Apalaches à l'océan Atlantique, et que ces grands canaux naturels se trouvent disposés entre les montagnes , de telle sorte qu'on passe des uns aux autres pardes pentes presque insensibles.

Les Etats-Unis occupent, dans ce vaste continent, tout le territoire borné à l'est par l'Atlantique et par les provinces britanniques de New-Brunswick , au sud par le golfe du Mexique, le Texas et la républi-

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que Mexicaine, à l'ouest pur l'océan Pacifique, et au nord par les possessions de la Grande-Bretagne. Ce qui les sépare de ces dernières , ce sont d'abord les eaux du Saint-Laurent et les grands lacs , rélargissements de ce fleuve, puis une ligne conventionnelle à l'ouest de rOrégon, ligne qui est encore indéterminée. Les Etats-Unis étendent leurs prétentions jusqu'au 54° 40' latitude nord, mais l'Angleterre ne paraît pas vouloir leur céder au-delà du 49°.

Selon les meilleurs calculs, les frontières de cet immense territoire mesurcîU neuf mille quatre cent vingtcinq milles, ou plus dairois mille lieues, savoir:

Depuis l'embouchure du fleuve Sainte-Croix jusqu'à

l'Orégon.. . . .-'•; . . . milles, 3,000

De rOrégon à l'océan Pacifique 600

Côtes de l'océan Pacifique; 625

Le long du Mexique et Ul' Texas 2,300

Cotes du golfe du Mexique jusqu'à la pointe

de la Floride 1,100

Côtes de l'Atlantique 1,800

Longueur totale 9,425

La surface contenue entre ces limites , d'après M. Tanner, géographe américain fort distingué, serait de 2,037,165 milles carrés, qui se distribuent comme suit :

Vers l'Allanlique, y compris la Floride orientale, environ 400,000

La vallée du Mississipi 1,341,649

Vers l'océan Pacifique. . . . . . 295,516

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En sorle que la grande vallée forme à elle seule les deux tiers à peu près du territoire des Etats-Unis , d'où il est aisé de concevoir son importance relative dans les destinées futures de la république.

Si l'on en excepte la Floride, le pays offre en général un sol excellent. Le fer abonde en plusieurs lieux. On y trouve de vastes dépôts de charbon , surtout dans les états du centre. Il y existe même de l'or, et en assez grande quantité. Ses immenses forêts fournissent du bois propre à toute espèce de constructions. Partout des fleuves navigables facilitent le commerce. Sur les côtes de l'Atlantique, on en compte dix-huit , sans parler des rivières moins considérables qui ne portent que des embarcations ordinaires et de petits bateaux à vapeur. Avant d'entrer dans la mer , plusieurs de ces lleuves approfondissent leurs eaux, élargissent leurs rives et forment des baies dont quelquesunes sont d'une ravissante beauté.

Parallèlement au rivage de la mer se développe une guirlande d'îles, la plupart inhabitées, qui tracent entre elles et le continent le plus beau canal qu'on pût offrir au commerce des côtes. Ces îles se suivent depuis la baie de Passamaquoddy jusqu'à l'extrémité dç la Floride , et de là continuent tout le long du golfe du Mexique. Mais, pour faciliter encore plus les communications , on a créé des canaux intérieurs et des chemins de fer qui vont depuis Portland dans le Maine jusqu'à Charleston dans la Caroline du sud , et môme encore plus loin.

A la partie occidentale de New-Jersey, et immédiate-

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iiionl au bord de la mer, commence un terrain sablonneux couvert de forôls de pins qui se succèdent presque sans interruption sur le rivage des états du sud. Elles vont en s'élargissanldunord au midi, depuis vingt milles de largeur jusqu'à près de cent milles. Entre ces étendues de sable et les Alleghanys, le pays est généralement fertile ; mais , sous ce rapport , la vallée du Mississipi laisse bien loin derrière elle tout le reste des Etats-Unis. Cette vallée enferme un territoire qui est près de six fois comme celui de la France, et avant qu'il soit long-temps elle sera le séjour de nombreux millions d'individus. Il y a cinquante ans qu'elle ne comptait guère que cent mille habitants; en 1840 , elle en nourissait plus de six millions. Si les choses continuent sur ce pied , la fin de ce siècle y verra une population de cinquante à soixante millions d'âmes.

L'Etat d'Ohio, situé entre le fleuve de ce nom et le lacErié, possède, sur une surface de 40^260 milles carrés, un million et demi d'habitants. L'Angleterre et le pays de Galles en ont seize millions, sur un territoire d'environ 58,000 milles. Dans cette proportion, rOhio pourrait en contenir au moins onze millions. Encore faut-il dire que , vu sa plus grande fertilité , une population plus serrée qu'en Angleterre y vivrait fort à laise. En effet, sauf la portion du pays que baigne le Hokhocking,vers le sud-est, cet Etat n'a que de riches terres; mais de vastes forêts en recouvrent encore la majeure partie. Le lac Erié au nord , l'Ohio vers le sud , et, dans l'intérieur du pays, plusieurs

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cours d'eau propres à la navigation, fournissent d'immenses facilités à son commerce ; sans compter deux lignes de communication établies à grands frais, entre le lac et le fleuve. Cincinali , sa capitale marchande, aune population qui dépasse cinquante mille âmes.

L'Indiana, l'Illinois et le Michigan ne le cèdent en rien à l'Etat d'Ohio, par rapport aux richesses naturelles du sol. Le Kentucky et le Tennessee abondent aussi en terres de première qualité et en minéraux utiles. J'en dis autant du Missouri, le plus vaste des Etats de l'Union. Les deux territoires de Jowaetde Wisconsin, le premier à l'ouest et le second à l'est du haut Mississipi, et l'un et l'autre au nord des Etats de Missouri etd'IUinois, sont de vastes et fertiles contrées, oiîles mines de plomb abondent et qui sont manifestement destinées à devenir de grands Etats. Quant àl'Arkansas, comme il ne possède qu'un sol médiocrement fertile, on le lient avec raison pour le plus pauvre des Etats du Mississipi.

L'Etat d'Alabama, occupé jusqu'en 1815 par des tribus indigènes, sauf un district autour de Mobile et un autre près du Tennessee, voit maintenant sa population croître avec rapidité. Celui de Mississipi possède également une grande étendue de très-bonnes terres; et bien que sa situation financière soit déplorable par l'effet d'une mauvaise législation, il y a tout lieu de penser qu'avant longtemps il sera hors de ses embarras : car après tout il a des ressources infinies. A considérer enfin la position particulière de la Louisiane au bas de la grande vallée, l'inépuisable fécondité de

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ses terrains d'alluvion, les facilités qui s'offrent à son commerce, il est impossible que cet Elal ne devienne un des plus riches et des plus puissants. Mais il faudra queses habitants, comme l'ont faitceuxde la Hollande, sachent assurer leur sol par des digues et s'approprier ainsi tout le delta du Mississipi.

Disons encore qu'il est, au nord-ouest de l'Etat de Missouri et des territoires de Jowa et de Wisconsin, une grande étendue de pays non explorés qui, pour la plupart, doivent être fertiles. C'est à l'avenir de nous apprendre quels Etats se formeront dans ces solitudes. 11 est d'ailleurs à remarquer que la vallée dont nous venons de nommer les divers Etals est arrosée par un fleuve majestueux qui compte au moins cinquantesept de ses affluents au nombre des rivières navigables. Le Missouri, l'Arkansas, la rivière Rouge, la rivière Blanche qui viennent de l'ouest, l'iUinois, l'Ohio, le Cumberland et le Tennessee du nord et de l'est, sont eux-mêmes des fleuves de première grandeur. Puis, outre les deux principaux débouchés de cette vallée, l'un par les grands lacs du nord, l'autre par le golfe du Mexique, on lui en a ouvert de superbes sur l'Atlantique, à travers les Alleghanys, par le moyen de routes, de canaux et de chemins de fer. Un de ceux-ci, par exemple, long de six cents milles, unit avec Boston la ville deBuffalo sur le lacErié ; un canal la lie avec Albany, et de là, par la rivière du Nord, on arrive à New-York. Buffalo communique également avec le nord de l'Ohio, del'Indiana, du Michigan et de l'IUinois, et avec les frontières orientales

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de Wisconsin, au moyen de cinquante bateaux à vapeur qui circulent dans ces régions. C'est à ces circonstances qu'on doit l'érection si prompte de tant de grandes villes dans la vallée du Mississipi : la Nouvelle- Orléans, St-Louis, Louisville, Cincinati , Pittsbourg. 11 y a cinquante ans que le sol occupé par ces villes, sauf, la première , ne montrait partout que d'épaisses forêts.

Comment ne pas admirer la sagesse et la bonté de la Providence, qui a voulu que les colons demeurassent cent cinquante ans avant de posséder cette belle vallée du Mississipi et presque avant d'en connaître l'existence? Pendant ce temps ils employèrent leur énergie à défricher le terrain moins fertile des côtes de l'est, et s'y formèrent aux qualités qui les devaient rendre propres à porter la civilisation chrétienne dans les immenses plaines de l'intérieur. C'est par là que la Nouvelle-Angleterre et les autres Etals de l'Atlantique, avec leur population croissante, sont comme des pépinières d'oîi se transplantent sur ce riche sol de vigoureux rejetons.

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