‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 46 sur 185 · CHAP. V. LES PREM. COL. — MARYLAND · texte numérisé non relu

CHAP. V. LES PREM. COL. — MARYLAND

gnirent à ces premiers colons des puritains de la Nouvelle-Angleterre et des émigrants de la Barbade ; mais les dissidents virginiens y demeurèrent les plus nombreux. Pendant assez longtemps la religion ne parut guère exciter l'intérêt des colons. En 1672, William Edmunson et George Fox ayant visité leurs frères quakers sous les bosquets de pins d'Albemarle, n'y trouvèrent « qu'un peuple encore chétif. » Ils établirent des assemblées trimestrielles, selon l'usage de leur société, et fondèrent ainsi la première organisation religieuse qu'ait eue la colonie. Ce fut seulement en 1703 qu'on y vit un ministre de l'église épiscopale, et en 1705 qu'on y bâtit enfin une église.

Les hommes qui avaient obtenu de Charles II la propriété des deux Carolines, professaient un grand zèle pour la propagation de l'Evangile , mais ils ne firent quoi que ce soit dans ce but, bien que leur constitution portât que la profession du christianisme est indispensable au bien de l'état et à la liberté des citoyens. La vraie foi n'eut donc que fort peu d'obligations aux premiers colons , ou propriétaires. Si la population de la Caroline du Nord prit ensuite un caractère plus religieux, elle le dut en partie aux chrétiens qui y émigrèrenl de France et d'Ecosse, et en partie aux puritains de la Nouvelle -Angleterre, qu'on y vit arriver en nombre toujours croissant.

En 1670, commença la colonisation de la Caroline

DU Sud, par le moyen d'émigrantsque les propriétaires

y firent transporter. Dès cette époque, la colonie ne

cessa de s'accroître. On en représen tai t le climat comme

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le plus licaii du monde. Son soleil , presque aussi chaud que celui des tropiques, y entretenait, disaiton, un printemps [)erpétuel. Des bosquets d'orangers y remplaceraient bientôt le cèdre; les vers à soie y seraient nourris des mûriers qu'on transplantait du midi de la France, et l'on y récolterait les vins les plus exquis. La mer y apporta des Hollandais de New-York, aussi bien que des émigranls d'Angleterre. Le comte de Shaftesbury, enfermé dans la Tour de Londres en 1681, demanda et obtint la permission de s'exiler à la Caroline.

L'émigration anglaise destinée à cette colonie ne se composa pas seulement de membresde l'Eglise nationale. Il y eut avec eux nombre de dissidents qui, dégoûtés de leur pays , enrichirent la province de leur intelligence, de leur industrie et de leur frugalité. Joseph Blake en particulier, frère du vaillant amiral de ce nom et héritier de ses biens, consacra sa fortune à transporter en Amérique ses frères persécutés ; et c'est ainsi que les prises failes sur la Nouvelle-Espagne servirent à la Caroline du Sud. *

On voit donc ce qui forma pour ainsi dire la première couche de la population de cette portion des Etats-Unis. Il yeutlàdes colons d'origine très-diverse; mais plusieurs d'entre eux aimaient la vraie religion et leur nombre s'accrut en peu de temps.

La plus jeune des treize colonies primitives est celle de LA Géorgie. Sous la conduite du bon Oglethorpe,

» Bancrofl's Hislonjofthe Unit. si. Il, 172, 173.

genlilhomme plein d'amour pour son roi et pour son église, et l'un des individus les plus remarquables du parti des « cavaliers, » une société très-mélangée vint fonder un établissement sur les bords du Savannah. C'étaient de pauvres débiteurs arrachés aux prisons de l'Anglelerre, bizarrement accolés à de bons Moraves venus de Herrnhout, et à de braves montagnards écossais. C'est aussi vers la Géorgie que se dirigèrent les pas joyeux et rapides de ces deux admirables jeunes hommes, John et Charles Wesley, et ceux de l'éloquent Whitefield. Ils firent retentir des accents de leur vive piété les sombres forêts de pins qui s'étendent du Savannah à l'Altamaha. Ce fut dans la Géorgie enfin qu'on érigea la maison d'orphelins pour laquelle on dépensa tant de beaux discours, et en Angleterre, et en Amérique, sans qu'elle ait, hélas! rempli l'attente de son illustre fondateur.

En résumé, la religion ne fut pas le motif déterminant de ceux qui colonisèrent le Sud , comme elle l'avait été pour le Nord. Toutefois on aurait tort de dire qu'elle n'entra pour rien dans la fondation de ces colonies. Nous verrons ailleurs les services importants qu'elles rendirent au christianisme.

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