‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 50 sur 185 · CIIAP. VI. LES PREM. COL. — NEW-YORK · texte numérisé non relu

CIIAP. VI. LES PREM. COL. — NEW-YORK

de là, souvent ils s'embarquaient pour le Nouveau- Monde. Ce fut le cas, par exemple, de Robert Livingston, le père de cette famille nombreuse dont on rencontre des membres dans toute l'Union, mais qui honora surtout l'Etat de New-York. Il était fils du révérend John Livingston, ministre écossais, homme pieux et célèbre, qui, après avoir dévoué de longues et utiles années à sa patrie, fut jeté en Hollande par la persécution, et y passa le reste de ses jours en qualité de pasteur de l'église écossaise de Rotterdam.

Par diverses raisons, l'Evangile ne fit que tardivement quelques progrès parmi les colons hollandais de TAmérique. Sans parler de ce que leurs premiers établissements eurent de précaire ensuite des fréquentes attaques des Indiens , leurs églises demeurèrent longtemps et sans nécessité sous la dépendance de la classe ou presbytère d'Amsterdam. Quoique ce corps fût animé du meilleur esprit, la distance où il était des colonies ne permettait pas qu'il leur donnât toujours pour conducteurs spirituels les hommes les plus propres aux circonstances. Et puis, leur développement religieux eût été bien plus rapide, si l'on eût introduit cinquante ans plus tôt la langue anglaise dans le culte public.

Malgré ces obstacles , l'Evangile ne laissa pas d'y

lin de leurs personnages : « Je suis maître d'école, Monsieur, et je voudrais conférer avec vous sur l'érection de quatre nouvelles sectes à Amsterdam. « Et André Marwal , dans sa Description de la Hollande, prétend qu'il ne faut pas chercher à Rome l'église universelle (catholique), mais à Amsterdam.

138 LA lUaiGION EN AMÉRIQUE. LIV. II

être annoncé avec succès, déjà sous le gouvernemeni de la Hollande. Aussi les mœurs de ces communautés étaient-elles d'une pureté remarquable et l'éducation y fut-elle en honneur dans tous les rangs, surtout depuis qu'on eut adopté des formes de gouvernement plus républicaines. La Hollande y envoya des pasteurs très-fidèles, et plus tard on vit bon nombre de jeunes gens qui, se consacrant au saint ministère, allaient faire leurs éludes dans la métropole. Entre les premiers, je citerai le révérend Frelinghuysen qui arriva de Hollande en 1720, et s'établit àRaritan. Par ses talents et la solidité de ses doctrines, cet homme fut un grand bienfait pour la colonie naissante. Il laissa cinq fils, tous ministres, et deux filles qui épousèrent aussi des ecclésiastiques. Parmi les colons qui firent leurs études en Europe, je dois nommer le révérend J. H. Livingston, docteur en théologie, mort fan 1825, après avoir été de longues années un des ecclésiastiques les plus distingués des Etats-Unis. Cet homme, qui semblait destiné à jouer un grand rôle dans l'histoire de l'Eglise, consacra sa vie tout entière à l'accomplissement des devoirs obscurs de sa charge pastorale; mais l'influence de ses travaux et de ses vertus ne s'en fera pas moins sentir longtemps au sein de l'église dont il fut l'ornement.

Les Hollandais ont , dans toute l'Amérique, une nombreuse postérité. On en trouve beaucoup dans les contrées nord et ouest de l'Etat de New-York; mais c'est surtout au sud de cet Etat et dans la partie orientale de New-Jersey, qu'ils forment le gros de la

Page 1