‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 49 sur 185 · CHAH. VI. LK8 PREM. COL. — NEW-YORK · texte numérisé non relu

CHAH. VI. LK8 PREM. COL. — NEW-YORK

Mais ce ne fut pas la guerre seulement qui nuisit aux progrès de la colonie , on peut dire que ce fut aussi le manque d'institutions politiques un peu libérales, et l'obstination que la Compagnie des Indes mit à les refuser.

Les fondateurs de la Nouvelle-Hollande étaient des hommes d'un caractère hardi et entreprenant, dont le principal mobile fut, sans contredit, le désir de gagner de l'argent. Cela n'empêche pas qu'ils n'offrent de l'intérêt sous le point de vue religieux. Elevés dans l'église nationale hollandaise, ils. apportèrent avec eux un attachement très-fort à ses doctrines , à son culte et à ses institutions. Les soins qu'exigeaient leurs entreprises commerciales ne les détournèrent point d'aviser de bonne heure à ce que l'Evangile leur fût prêché dans sa pureté. En 1619, ils érigèrent une église k la Nouvelle -Amsterdam, maintenant New- York, et ils eurent pour premier pasteur le révérend Everard Bogard. Ce fut à la même époque, si ce n'est auparavant, que s'organisa l'église d'Albany.

Jusqu'à l'an 1764, on ne se servait que du hollandais dans le culte public, c'est-à-dire, juste un siècle depuis que la colonie fut tombée au pouvoir des Anglais. Le nouveau gouvernement avait fait tout son possible pour que la langue anglaise dominât seule. Il ouvrit des écoles publiques où on l'enseignait. Puis était venu, en 1693, par la protection spéciale du gouverneur Flelcher, l'établissement de l'église épiscopale anglicane. Cela, joint aux efforts qu'on faisait d'ailleurs pour atteindre ce but, ne tarda pas à porter

ses fruils. Les jeunes colons commencèrent par demander que l'on fîl usage de la langue anglaise dans une partie des services, ou qu'on bâtit de nouvelles églises pour ceux qui parlaient de préférence celte langue. Leur demande rencontra la plus vive opposition de îa part de ceux qui craignaient qu'avec la langue maternelle ne disparussent aussi les bonnes vieilles doctrines, les liturgies et les catéchismes de leurs ancôti es. Enfin le révérend docteur Laidlie, ministre écossais fort distingué, membre d'une église presbytérienne en relalion avec les Hollandais réformés, fut prié de se rendre à New-York pour y célébrer le service en anglais. C'était l'année 1764. Dès ce moment, la langue hollandaise disparut insensiblement, et c'est à peine si l'on eu trouve maintenant quelques traces.

Au moment où la Nouvelle-Hollande devint une possession anglaise, sa population pouvait être de dix raille âmes, la moitié de celle de la Nouvelle-Â.ngleterre à cette époque. Dès lors, sans doute, les émigrations de Hollande continuèrent d'avoir lieu, mais dans une si faible proportion, qu'il ne vaut pas la peine d'en parler. Du reste, tous ceux qui partaient des ports hollandais pour l'Amérique n'étaient pas des Hollandais. Les Provinces-Unies servaient d'asile aux protestants que l'intolérance chassait d'Angleterre, d'Ecosse, de France, d'Italie et d'Allemagne ; * et

1 On n'a pas manqué de reprocher à la Hollande sa grande tolérance. Dans leur Fille d'auberge, Beaumont et Flet&tier font dire à

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