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CHAPITRE VII

CARACTÈRE RELIGIEUX DES PREMIERS COLONS

Fondateurs de New-Jersey.

Des Hollandais de la Nouvelle- Amsterdam ( New- York ) furent les premiers Européens qui habitèrent le New-Jersey; et tout le temps de la domination des Provinces-Unies, ces établissements firent partie de la Nouvelle-Hollande. Ce fut à Bergen que la colonie

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commença, mais bienUU il se fit des plantations à Hackensack, Passaïc et Raritan.

Cependant on doit à d'autres hommes encore la colonisation de New-Jersey. En 1()64, une société de ces ])uri tains ant^lais qui avaient fondé la Nouvelle- Angleterre, quitta l'exlréniilé orientale de Long-Island et s'établit à Elisabelh-Town. Ils n'étaient pas nombreux, car il s'y trouva seulement quatre maisons lorsque, l'année suivante, le gouverneur Philippe Carlerel y arriva. Ce fut à peu près dans le môme temps que d'autres colons, venus aussi de Long-Island et du Connecticut, fondèrent Woodbridge, Middleton et Shrewsbury. En 1667 et 1668, des émigrants de Brandon au Connecticut s'établirent à Newark.

Les colons de Newhaven avaient, en 1640, acheté des terres sur les deux rives du Delaware, et cinquante familles allèrent les occuper. Mais leurs établissements de commerce durent se dissoudre et la colonie se disperser, par la raison que les Hollandais réclamaient ce territoire. Peu de temps après, ces provinces ayant passé sous un autre gouvernement, des colons de la Nouvelle-Angleterre s'établirent à Cumberland et au cap May. Quant aux contrées plus à l'intérieur, elles furent conquises à la culture par la marche insensible des colons vers l'ouest. Il se joignit bien à eux un certain nombre d'émigrants écossais et irlandais, mais c'étaient tous des protestants, et la plupart des presbytériens.

Il faut rappeler ici que, l'an 1664, par donation de son frère Charles II, le duc d'York reçut en pleine

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propriété toute la portion de l'Amérique cédée aux Anglais par la Hollande. La même année le duc d'York vendit à sir Georges Carteret et à lord Berkeley la portion de territoire à laquelle le premier imposa le nom de Ne^Y-Jersey. Les nouveaux propriétaires désignèrent immédiatement un gouverneur et octroyèrent aux colons une législature tirée de leur sein. Ce corps devint aussitôt l'organe du mécontentement général. On se plaignait d'être obligé de payer aux Indiens le prix de leurs terres, puis d'avoir encore à s'acquitter d'une rente auprès des propriétaires de la colonie. Au bout de quelques années d'une lutte opiniâtre , lord Berkeley, fatigué de ces contestations, vendit à des quakers, en 1674, la moitié de New-Jersey, pour le prix de 1000 liv. sterling. Fenwick, leur représentant, quitta l'Angleterre l'année suivante, menant avec lui plusieurs familles de cette secte persécutée. Ils s'établirent à Salem, sur le Delaware. Dès ce moment, la compagnie quaker se mit à vendre des terres dans le New-Jersey occidental, et les colons accoururent à eux par centaines. En 1676, ils obtinrent de Carteret l'autorisation d'instituer un gouvernement selon leurs vues, et l'année d'après ils jetèrent les bases de leurs « concessions, » nom qu'ils donnèrent à l'acte constitutif de la colonie. Par cet acte, le pouvoir tout entier appartenait au peuple.

A dater de celte époque, on vit arriver dans cette partie du New-Jersey une foule de quakers anglais. Un grand conseil se tint sous les arbres de la forêt,

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lù OÙ l'on voit inaiiilenanl la ville do Burlington, et les colons y achèrent des Indiens, par un titre eu due forme, tout le territoire qu'ils voulaient occuper. «Vous êtes nos frères, » dirent k ces hommes de paix les sauvages k la peau cuivrée, « vous êtes nos frères, et nous vivrons en frères avec vous. Il y aura pour vous et pour nous large route. S'il arrive qu'un Anglais s'y endorme et qu'un Indien passe près de lui, il dira : C'est un Anglais; il dort : laissons-le tranquille. Celte roule d'ailleurs sera unie. On n'y trouvera point de troncs d'arbre où se heurter les pieds. » Et les Sachems ont tenu parole.

En novembre 1681, Jennings , qui remplissait les fonctions de gouverneur de la part des propriétaires, convoqua la première législature quaker dont il ait jamais été fait mention. L'année suivante, ils obtinrent le droit de nommer leur magistrat suprême, et c'est ainsi que, complétant leur organisation politique, ils eurent un gouvernement k eux. L'année ensuite, Guillaume Penn et onze autres quakers achetèrent des héritiers Carterel le New-Jersey oriental. Dès ce moment l'émigration quaker s'étendit dans la province, mais non pas au point d'y changer le caractère général de la population. Celle-ci demeura essentiellement puritaine, dans les éléments combinés du presbytérianisme écossais, hollandais et anglais de la Nouvelle-Angleterre. Il en fut autrement du New-Jersey occidental. Un petit nombre d'églises de diverses communions s'y jetèrent ça et là comme des îles au sein des mers; mais tout le fond de la population se com-

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