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lions s'étendirent par degrés jusqu'aux lieux où plus tard fut construite la ville de Philadelphie. Quelques milles au-dessous, on érigea un fortin qui devait servir à protéger les établissements suédois et oh résida le gouverneur. Tout ce territoire fut appelé la Nouvelle-Suède, et le petit nombre de familles de la Nouvelle-Angleterre qui se trouvaient dans ses limites se soumirent au gouvernement suédois, ou transportèrent autre pari leurs établissements.
Cependant les Hollandais n'abandonnaient pas leurs droits. Une expédition de six cents hommes, sous le commandement du fameux Pierre Stuyvesant, soumit entièrement la Nouvelle-Suède ; en sorte qu'au bout de dix-sept ans la couronne qu'avait portée Gustave- Adolphe ne posséda plus aucun pouvoir en Amérique.' Le nombre des colons suédois allait au plus à sept cents. Au bout de quelques générations, leurs descendants se répandirent ça et là, confondant leur sang avec celui des autres nations. On estime que leur nombre total, relativement à celui de la population actuelle des Etats-Unis, est dans la proportion de 1 à 200.
Mais, si la colonie du Delaware offre un intérêt historique, elle n'en offre pas un moins grand sous le rapport essentiel qui nous occupe. Les colons se distinguèrent constamment par des manières aimables et paisibles. Ils se maintinrent dans les meilleurs termes avec les Indiens. Leur frugalité et leur active industrie sont bien connues. Malgré le manque d'écoles et la difficulté de se procurer des livres en leur
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langue, ils mirent à l'éducation de leurs enfants le plus grand soin. Leur zèle se déploya surtout de la manière la plus louable dans les choses de Dieu. Attachés au luthéranisme comme leurs frères de Suède le sont encore de nos jours, ils conservèrent longtemps leur liturgie et leur discipline nationales, mais sans être empêchés par là d'entretenir avec les autres églises des relations fraternelles. Il existe encore aujourd'hui, dans la banlieue de Philadelphie, une église qui porte le nom d'église suédoise; mais celle-ci, avec deux ou trois autres, dans le Delaware et la Pensylvanie, appartiennent maintenant à la communion épiscopale protestante.
Depuis 1664, où le Delaware fut enlevé à la Hollande, il ne cessa de voir augmenter sa population. Elle se composa de Suédois, de Quakers, de colons de la Nouvelle-Angleterre, d'Ecossais, d'Irlandais et de quelques autres émigrants d'Europe. La religion y joua toujours un rôle important, et son influence y eût été bien plus heureuse, à coup sûr, si l'on n'y eût jamais connu l'esclavage. Cependant, quoique le Delaware soit encore au nombre des Etats que cette lèpre déshonore, c'est à peine s'il faut le mentionner sous ce rapport, vu le petit nombre d'esclaves qu'il renferme.