CUAP. XXI. VUE SOMMAIRE DE LA PÉRIODE COLONIALE
ne la trouvaient complète que dans la société de leurs frères. De là cet ensemble de pensées et d'opérations qui fondèrent les Etats américains. Rien de plus naturel que le désir de savoir si les effets répondirent à ces nobles intentions.
Il serait injuste, toutefois, d'attendre des résultats extraordinaires, quand on pense quelles difficultés nos colons eurent à vaincre. Il s'agissait de s'établir en de vastes solitudes, par-delà les mers et au milieu de sauvages indomptés et sanguinaires. Ils eurent à lutter non-seulement contre ces ennemis de la civilisation, mais encore contre de fréquentes épidémies. Leur gouvernement politique ne s'organisa pas sans de graves embarras. Puis il ne faut pas oublier leurs collisions avec la métropole, non plus que les guerres auxquelles ils durent prendre part dans son intérêt.
Ces réserves faites, nous divisons l'ère coloniale en quatre périodes. La première va depuis l'origine des établissements coloniaux de la Virginie, en 1607, jusqu'à l'an 1660. Ce fut un beau temps pour la religion, malgré les fatigues du défrichement des forêts et les soucis d'administrations toutes nouvelles à faire marcher. Il n'y eut proprement de guerres qu'avec les Péquods du Connecticut en 1637, avec les Hollandais et les Algonquins en 1643, puis celles de 1622 et de 1644 dans la Virginie. Ni les unes ni les autres ne durèrent longtemps, et les colons en réparèrent promptement les désastres.
Cette période vit se prolonger les saints et utiles
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travaux des hommes excellents qui étaient arrivés avec les premiers colons, ou qui les avaient suivis de prés. Je nommerai, entre autres, Wilson, Cotton, Shepard, Matlier (Richard), Philips, Higginson et Skelton dans la baie du Massachusels, Brewster à Plymouth, Hooker dans le Connecticut, Davenport à New-Haven, Hunt et Whilaker en Virginie. Plusieurs des magistrats de ce liiîips se distinguèrent aussi par leur zèle et par leur piété :Winthrop au Massachusets , Bradford et Winslow à Plymouth, Haynes au Connecticut, Eaton à New-Haven. J'ajoute à ces noms respectables celui de Roger Williams, qu'on aime à retrouver ici, et qui fut pasteur et pendant quelques moments gouverneur de Providence.
Ce fut l'âge d'or des colonies. Dieu répandit son Esprit en plusieurs lieux. Les églises de Boston, de Salem, de Plymouth, de Hartford et de New-Haven, eurent de beaux jours. Dans la Virginie aussi, les travaux d'hommes fidèles reçurent leur récompense. Partout on solennisa fréquemment des jours déjeunes consacrés à la prière et aux actions de grâces. On y suppliait Dieu d'habiter parmi son peuple. Tous voyaient dans la religion le souverain bien, et pour les individus et pour la communauté. L'on sentait le prix des réveils religieux; on les provoquait, et on ne le faisait pas en vain. C'est ce que les journaux des gouverneuis Winlhrop et de quelques autres nous attestent dans les termes les plus touchants. L'Amérique a vu dès lors la grâce de Dieu faire son œuvre sur une