‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 82 sur 185 · CHAP. XXI. VUE S0M.UA1RE DE LA PÉRIODE COLONIALE · texte numérisé non relu

CHAP. XXI. VUE S0M.UA1RE DE LA PÉRIODE COLONIALE

plus grande échelle, mais la présence du Saint-Esprit n'y fut jamais plus évidente qu'à cette époque.

Les colons n'oublièrent pas non plus les païens qui les entouraient. Elliot et d'autres travaillèrent avec de grands succès au milieu des Indiens du voisinage de Boston. Il y en eut plusieurs milliers de convertis. Et ce n'était pas dans le Massachusets seul qu'on s'intéressait au salut des sauvages. En Virginie, une princesse indienne, Pocahontas, reçut le baptême et se rangea parmi les membres fidèles de Christ. Un autre Indien converti, Chanco, fut l'instrument dont Dieu se servit pour préserver la colonie d'.une entière destruction.

La seconde période comprend soixante années, de 1660 à 1720. On peut l'appeler l'âge d'airain des colonies. Ce fut pour elles toutes un temps de grandes agitations. Le Massachusets eut à soutenir, en 1675, une guerre désastreuse contre le roi Philippe, chef des Pokanokets, et contre d'autres tribus qui se coalisèrent pour exterminer les colons. Il y eut en outre de grandes luttes avec le gouvernement britannique au sujet des privilèges coloniaux, sans parler des dissensions intestines que produisirent les affaires de la sorcellerie et d'autres encore d'une nature toute locale. De 1675 à 1676, la Virginie fut aussi en guerre avec les Indiens, et c'est alors qu'eut lieu la grande révolte qui menaça la colonie d'une entière ruine. Des maux semblables désolèrent lesdeux Carolinesen 1711 ell712. Enfin, les guerres que la Grande-Bretagne soutint con-

tre l'Espacjne et la France, compromirent sans cesse la tran(}uillilé do l'Amérique.

Cependant l'état des colonies prospérait de plus en plus. Elles avaient jeté de profondes racines, et s'il était facile de les ébranler, il ne l'eût pas été de les détruire. Elles devenaient riches; leur commerce prenait chaque jour une extension nouvelle, et les mers commençaient à se couvrir de leurs vaisseaux. Mais toutes ces circonstances ne favorisaient guère les progrès de la piété.

L'union de l'Eglise et de l'Etat portant d'ailleurs ses premiers fruits, on vit le vrai christianisme décliner sensiblement; et bien qu'il y ait eu alors, çà et là, quelques réveils religieux, ce n'était plus cette foi primitive qui, se mêlant à tout, avait fait des premiers pèlerins une sainte génération. Il faut dire pourtant que le second gouverneur Winlhrop se montra, dans son administration, tout à la fois grand et pieux, le père de l'Etat et de l'Eglise. Parmi les ministres, il y en eut d'excellents, quoique leurs travaux n'aient pas été couronnés de succès égaux à ceux de leurs prédécesseurs. Ici paraissent avec un certain lustre les Mathers, les Cotton , les deux Increase, père et fils, celui-ci plus remarquable par l'étendue et la variété de ses connaissances que par la solidité de son jugement, Norton et autres dans leMassachusetSj Pierpont auConnecticut, le docteur Blair en Virginie et le docteur Bray dans le Maryland. Ces deux derniers rendirent d'éminents services à l'église épiscopale. Il est d'ailleurs à remarquer que, durant cette seconde période, le nombre

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des ministres fidèles de la Nouvelle-Angleterre reçut un notable accroissement, par l'accession de quelques-uns de ces deux mille pasteurs de la Grande- Bretagne qui furent destitués peu après i'avénement de Charles II.

La troisième période de l'ère coloniale renferme les trente années entre 1720 et 1750. Elle se recommande à l'attention par les mouvements religieux si considérables qui vivifièrent l'Amérique, malgré bon nombre de circonstances défavorables. Entre autres événements, il faut noter le Grand Réveil, comme on l'appelle, qui répandit une nouvelle vie dans les églises de la Nouvelle-Angleterre et ailleurs encore. Les effets s'en firent longtemps sentir en plus d'une église. Il est vrai que le fanatisme de certains docteurs vint ternir cette belle œuvre de Dieu , mais il ne put l'anéantir. Les chrétiens y reçurent de douloureuses mais graves leçons sur la manière dont agit le Saint- Esprit, et ces leçons portent leurs fruits de nos jours encore.

Ce futl'époqueoii Edwards, Prince, Freylinghausen, Dickenson, Finlay et les Tennenls exercèrent leurs travaux dans les Etats du nord et du centre; Davies et son digne émule, dans la Virginie ; les deux Wesley, en Géorgie; tandis que, semblable à l'ange qui vole en portant aux nations l'Evangile éternel, Whitfield allait de colonie en colonie , messager de la grâce du Seigneur auprès d'une multitude d'âmes immortelles.

La quatrième et dernière période s'étend de l'an

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1750 à 1775. L'ut^ilalloii publique y fui à son comble. D'abord , il y eut la guerre que la Grande-Brelague faisait à la France, et qui se termina par la con(|uAte du Canada ;p uis les sérieux dilférends qui s'élevèrent entre les colonies et la métropole. Et ([uand tout espoir d'arrangement fut évanoui, il fallut se préparer à la terrible lutte qui devenait imminente. Sans doute, que la plupart des hommes qui avaient illustré la fin de la période précédente , vivaient encore au commencement de celle-ci et poursuivaient leurs saints travaux. Whitfield reparaissait de temps en temps, et les commotions populaires ne contristèrent pas entièrement le Saint-Esprit dans les églises. Mais les réveils religieux s'étaient arrêtés, et cet affaiblissement de la vie spirituelle, ce ralentissement d'activité chrétienne, qui résultent toujours de la guerre, se faisaient déjà sentir, bien que les hostilités n'eussent pas encore commencé.

Cette revue rapide et imparfaite des vicissitudes de la religion en Amérique jusqu'à la révolution de 1775 suffît au but que je me propose. Dans la plus grande partie de l'Europe prolestante, ces cent soixante-huit années furent un temps de déclin religieux; on peut même dire qu'à la fin de cette période la mort régnait presque universellement. L'Amérique, à tout prendre, fut, sous ce rapport , dans une condition plus heureuse. Il est vrai que nous eûmes aussi de longs intervalles d'indifférence, où les pasteurs et lepeuple ne s'inquiétaient guère que des choses de la vie. Mais Dieu, dans sa grâce, ne nous abandonna jamais complète-

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