DISSOLUTION DU LIEN ENTRE L'ÉGLISE ET L'ÉTAT
Qu'elle ne fut point l'œuvre du pouvoir central, et ne suivit pas immédiatement la révolution.
On se persuade généralement en Europe que la séparation de l'Eglise et de l'Etat en Amérique fut l'effet naturel et inévitable de notre séparation d'avec l'Angleterre et de la position indépendante que nous prîmes alors. Mais c'est oublier que nos églises nationales avaient leurs rapports, bien plus avec les gouvernements coloniaux qu'avec celui de la métropole. Lors donc que les colonies se formèrent en Etals, l'union du civil et du religieux n'en fut point essentiellement altérée. Certaines églises demeurèrent en quelque sorte un département du pouvoir politique et continuèrent de lui appartenir autant que par le passé.
L'on croit aussi communément que l'union de l'église et de l'Etat fut abolie par un acte du Congrès américain ; mais encore sur ce point on se trompe. Il est vrai qu'un article de la constitution fédérale interdit au gouvernement central d'instituer une religion d'Etat; mais cet article même ne se trouvait pas dans la constitution qui fut d'abord adoptée. Le voici tel qu'il y fut plus tard introduit : « Le Congrès ne peut donner à la religion la sanction de la loi, ni en gêner