‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 99 sur 185 · CHAP. VIII. SÉPARÂT. DE LÉT. ET DE L'ÉGL · texte numérisé non relu

CHAP. VIII. SÉPARÂT. DE LÉT. ET DE L'ÉGL

armes contre les partisans de la séparation. Mais il faut savoir que, de tous les hommes du Conneclicut qui soutinrent jadis la thèse de Dwight et qui vivent encore, il n'en est pas un seul qui n'ait reconnu l'erreur où ils étaient. Ils regardent comme un bienfait du Seigneur ce qu'avant l'événement ils envisageaient comme une calamité; et l'on peut affirmer, sans trop de hardiesse, que, si le^docteur Dwight n'eût été retiré de ce monde au moment même où le changement tant redouté s'effectua, il serait aussi revenu de son opinion.* Yingt-cinq ans se sont écoulés dès lors; j'ai beaucoup parcouru le Conuecticut durant les quinze dernières années ; j'y connais grand nombre de pasteurs ; je me suis souvent entretenu avec eux sur ce sujet; et, des deux ou trois cents ministres de cet Etat qui appartiennent à l'église autrefois nationale, je ne sache pas qu'il y en ait plus d'un qui voulût revoir l'Eglise dans son ancienne position. Ce pasteur est, selon toute apparence, la seule exception au milieu du corps entier des ministres protestants des Etals- Unis. S'il est un point sur lequel le clergé évangéli-

' J'ai eu de fréquents entretiens sur ce sujet avec le révérend Lyman Beecher, docteur en théologie, qui était pasteur d'une église dans le Connecticut quand cette révolution ecclésiastique eut lieu, et qui est maintenant professeur de théologie au séminaire de Cincinnati (Ohio). Le D' Beecher était tout aussi opposé à la séparation que leD' Dwight; il prêcha et écrivit contre. Mais, avec la sincérité qui le distingue , il n'hésite pas à reconnaître comhien ses craintes étaient mal fondées. Il est peu d'hommes aux Etats-Unis qui égalent M. Beecher, et comme prédicateur, et comme écrivain.

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que de loules nos églises soil parfaitement unanime, c'est que l'union de l'Eglise et de l'Etat serait le plus terrible fléau qui pût nous visiter, quels que puissent être les effets de ce système dans les autres pays du monde. C'est en ces termes mômes que j'ai entendu s'exprimer mille fois les meilleurs et les plus capables de nos ecclésiastiques.'

Quant au Massachusets, Ton a vu que la séparation s'y effectua, pour ainsi dire, à la lumière des expériences faites dans les autres étals. Ce furent les chrétiens évangéliques qui la demandèrent, et je ne pense pas que nul d'entre eux s'en soit jamais repenti.

Maintenant donc, aux Etals-Unis tout entiers, la vérité se soutient par sa seule force, je dirai par son irrésistible puissance. Le pouvoir civil n'a rien à démêler avec les droits de la conscience ou avec le culte des citoyens. La liberté religieuse, dégagée de toute action de la loi, est aussi parfaite qu'elle puisse rêirc. 11 n'est aucune secte qui soil favorisée plus qu'une

1 Quoique l'auteur ne parle ici que des ecclésiastiques, il ne faut pas croire qu'ils soient les seuls à se réjouir de l'ordre de choses actuel. Le colonel Hamilton, dont j'ai invoqué quelque part le témoignage [Lettres d'un Américain sur l'union de l'Etat et de l'église, à Genève, page 100), soutint peu de rapports avec le clergé durant son séjour en Amérique, et quand il nous parle de l'unanimité des Américains sur le point en question, c'est l'état de l'opinion laïque qu'il nous fait connaître. Il était bon peut-être de présenter cette observation, pour qu'on ne s'imaginât pas que le clergé seul gagne au système volontaire. Il y perd justement ce qu'il a de trop au milieu de nous, perte qui est un véritable gain et pour lui et pour le troupeau, ou plutôt pour la religion, [Trad.)

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