CHAP. VIII. SÉPARÂT. DE L'ÉT. ET DE L'ÉGL
que, dans le second, il s'agissait de paroisses réellement trop peu considérables pour salarier un pasleur. Quoi qu'il en soit, le Maryland comptait, en 1827, cinquante .ecclésiastiques de l'église épiscopale; en 1838, soixante-douze, et il y avait en outre plusieurs églises sans pasteurs. * Dans aucun temps l'église épiscopale du Maryland ne dut à son union avec l'Etat une prospérité égale à celle dont elle jouit depuis quelques années. Je ne prétends pas que les pasteurs y soient ioMS rétribués comme ils devraient l'être, ni surtout comme ils l'étaient jadis; mais sous le point de vue des talents et de la science, comme sous celui delà piété et des autres qualités requises dans un ministre du Christ, ils sont inûniment supérieurs à ceux qui recevaient les salaires de l'Etat avant la révolution.*
Il n'y a rien de particulier à dire sur les deux Carolines ni sur l'Etat de New-York. Partout il y eut crise ; mais depuis longtemps l'église, qui précédemment y était nationale, a pris, sous l'influence de la liberté,
^ Dans les églises unies à l'Etat, il y a généralement plus de ministres que de paroisses; dans les églises libres, c'est souvent le contraire. Là, chaque circonscription territoriale appelée paroisse a un homme qui porte le titre de pasteur ; mais peut-on dire que nul troupeau n'y manque réellement de pâture? [Trad.)
^ Crosse d'or, évêque de bois; Crosse de bois, évêque d'or,
nous disait jadis un homme qui a laissé de tendres et salutaires souvenirs dans le cœur de tous ceux qui furent sous sa paternelle influence, le vénérable Durand, mort professeur à l'académie de Lausanne. [Trad.)
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un élan loul nouveau. L'église épiscopale de New- York, surtout, date sa prospérité du jour où le révérend docteur John-Henry Hobart fui appelé par elle à la présidence du diocèse. Il est peu de communions qui doivent autant à l'énergie et à la'persévérance d'un seul homme.*
Mais il n'est pas de pays où l'on ait accueilli avec plus d'appréhension que dans la Nouvelle-Angleterre l'idée de séparer l'Eglise d'avec l'Etat. Le célèbre docteur Dwight, président du collège de Yales et auteur d'un cours de théologie fort estimé, fit tout ce qu'il put pour empêcher l'adoption de cette mesure par le Connecticul.^ De concert avec lui, beaucoup d'hommes éminenls exprimèrent leurs convictions et leurs craintes dans une foule de brochures et d'articles de journaux qu'il est facile de consulter. C'est un arsenal où bien des gens, en Angleterre, vont puiser des
1 C'est lui qui, prêchant à Londres, il y a peut-être une vingtaine d'années, devant un auditoire de la haute église, recommandsit vivement le système volontaire auquel, disait-il, l'église épiscopale d'Amérique devait son lustre et sa prospérité croissante.
(Trad.)
2 La Revue britannique religieuse , qui se publiait à Genève en 1828 et 1829, renferme sur le l»'' Dwight une Notice biographique d'un très-haut intérêt. Quand on voit un homme aussi distingué redouter, par des motifs religieux , l'entier affranchissement de l'église, on apprend à ne pas s'irriter contre les chrétiens respectables qui, en France, en Suisse, en Angleterre, et par les mêmes motifs, s'opposent à la séparation de l'église et de l'Etat; mais, d'un autre côté, l'on s'encourage à marcher en avant sans trop s'inquiéter do craintes plus faciles à comprendre qu'à partager.
{Trad.)