Dbut. xxxm
LE lAHVISME 4NCIEN I^j
dans les autres tribus. Ce serait donc à titre de tribu mosaïque et spécifiquement iak^ique, s'il est per^nis de s'exprimer ainsi, qu'ils auraient joui de cette préférence et de ce crédit. Ils avaient les traditions du culte qui convenait à lahvé. On devrait donc voir en eux la postérité des anciens prêtres deLévi, qui avaient desservi, après Moïse, le sanctuaire de Gadès; chassés de là par Amalec, et dispersés en Israël après la destruction de la tribu, les prêtres lévites auraient été comme les vrais types du sacerdoce. Tant s'en faut d'ailleurs qu'ils aient desservi tous les sanctuaires, et que tous les prêtres d'Israël, au temps des rois, fussent réellement lévites. Sadoc, le prêtre de Salomon, ne l'était pas. Mais le nom suivit bientôt la fonction, et les prêtres qui n'étaient pas lévites d'origine n'en furent pas moins rattachés à la tribu sainte. La bénédiction de Jacob ignorait cette évolution. La bénédiction de Moïse la sanctionne. Le personnage d'Aaron est comme un dédoublement de Moïse; on finit par le faire ancêtre de la maison de Sadoc, restée en possession du sacerdoce hiérosolymitain, et toutes les autres familles sacerdotales furent simplement rattachées à Lévi.
La bénédiction de Moïse définit ainsi les fonctions du prêtre :
l48 LA RELiaiON D*ISRAEL
Que ton urim et ton tummim soient aux gens de ton sef-
[viteur, Que tu as éprouvé à Massa,
Avec qui tu as contesté aux eaux de Meriba
Car ils ont gardé ta parole,
Et ils ont observé ta loi.
Ils enseignent tes décisions à Jacob,
Et tes instructions à Israël ;
Ils offrent l'encens à tes narines,
Et l'holocauste sur ton autel.
Le serviteur est Moïse ; ses gens sont les lévites ; Torigine du sacerdoce est rattachée au sanctuaire de Cadès par la mention de Massa et de Meriba. Le texte fait allusion à des légendes étymologiques non retenues par la tradition biblique : dans nos récits, ce n'est plus Moïse, mais lahvé, qui est tenté et avec qui Ton dispute *. Le sacriflce est signalé en dernier lieu, parce que ce n'était pas alors la principale fonction des prêtres. Ceux-ci n'étaient pas très nombreux dans les anciens temps, et l'on sacrifiait par familles ou par clans, sans que le ministère du prêtre fCit indispensable. Il n'y avait de prêtre que là où existait une « maison de Dieu », un sanctuaire avec oracle. C'est l'oracle* de lahvé qui était la