I Sam. IX
LE lAHVISMB ANCIEN' l55
sont investis de pouvoirs redoutables. Les légendes d'Élie et d'Elisée sont pleines d'épisodes terrifiants, qui attestent au moins la crainte qu'on avait des nabis. On prit bientôt l'habitude de les consulter, et la profession pouvait devenir lucrative. Ils avaient des moyens artificiels de provoquer l'inspiration, et ils se servaient de la musique , à cet effet. Elisée, consulté par les rois de Juda et d'Israël, se fait amener un musicien pour donner sa réponse. « Et comme le harpiste jouait de son instrument, la main de lahvé fut sur lui, et il dit : Ainsi parle lahvé » 1.
Aux temps de Samuel et d'Elisée, les nabis formaient des espèces de communautés sous la direction d'un chef. Le mariage ne leur était pas interdit. Ils se livraient à des manifestations qui ressemblaient tellement à de la folie que le mot qui les désigne en hébreu signifie pareillement celles de la démence. Ils s'en allaient en troupe, avec accompagnement de musique. Leur folie était contagieuse. On racontait que Saûl, après sa première rencontre avec Samuel, trouvant sur son chemin une troupe de nabis, avait été entraîné avec eux par l'esprit divin, et s'était associé à leur tapage. D'où le dicton populaire :