LE CHRISTIANISME DES JUIFS
durance que pour l'endurance elle-même était la Volonté Forte. Le coalraste se trahit par la différence de rinlention dernière. Pourquoi Jésus a-t-il cultivé la patience? Nous le savons ; pour le profit du prochain ; c'estlà ce qui introduit la douceur et la tendresse dans l'âme dont Jésus est le type; « s'aider les uns les autres » en est tout le secret. Ce ne fui pas une leçon d'éLouffement pour rétoulfement, de renonceinenL pour le renoncement, à cause d'une rage secrète du cœur d'Ôlre fort; tout fat pour s'aider les uns les autres. »
Ainsi une Société juive s'inspire de l'Imilalion de Jésus-Christ. La conversion que voulait l'Inquisition s'est faite par la tolérance. Le christianisme n'a eu qu'à se retrancher ce qu'il avait de scolastique, et à préserver ce qu'il avait d'évangélique : la grâce de la personne du Christ ; et il va convertissant les Juifs, lléchissant leur raideur, émolliaut leur orgueil; élargi luimême jusqu'à l'humanitarisme, il les humanise; ils cessent d'être les Juifs du Temple, ils deviennent ceux qui suivaient Jésus lelong des lacs. Ils reconnaissent la tradition chrétienne en ce qu'elle a de plus purement évangélique, ils en deviennent comme les héritiers d'adoption; par là s'effacent, enirc juifs libéraux et chrétiens libéraux, les marques diverses de passés différents; ils font leur le passé chrétien. Les libres penseurs juifs accueillent le culte de Christ, et les libres penseurs protestants le préservent : ni les uns ïd les autres n'aperçoivent en Christ un ennemi de la liberté ou du peuple ; c'est qu'on leur montre le Christ du («mps de Christ, libéral et humain, a Jusqu'ici, dit M. Shcldon, il me fallait sans cesse penser à mes ' désaccords avec les chrétiens : maintenant je pense
262 LA RELIGION DANS LA SOdÉTé AUX ÉTATS-UNIS
sans cesse à ma sympathie pour eux ; c*est que tant qu on dispute sur des points de doctrine ou d'histoire, le désaccord n'a pas de fin; mais quand nous en venons à la recherche de ce dont nos cœurs ont faim et soif, nous nous sentons tous proches les uns des autres.... Nous pourrions appeler ce Christ, qui nous reste quand nous rejetons les croyances convenues, le « Christ Éthique »; en toute candeur je dois dire qu'il me louche, qu'il m'émeut et m'inspire. J'ai plus de joie maintenant à lire les Écritures qui disent Thistoire de sa vie. J'écoute avec plus de plaisir le Messie de Ilrpndel; la splendeur des cathédrales m'impres- 1 sionne plus; je peux même lire la littérature dévote du christianisme, et en recevoir plus de secours; et je vais jusqu'à me sentir plus inspiré quand je lis les ivres d'hommes comme Jeremy Taylor ou John Henry Newman. »
Et M. Sheldon ne fait que partager les vues de tous les chrétiens d'Amérique quand il ajoute qu'aux vertus du Christ notre Age en doit joindre de plus actives, « parce que, quand la figure de Christ se dessinait, Tidéal dont il y avait le plus besoin était l'endurance passive, l'héroïque humilité, et qu'il n'y avait pas encore de champs ouvert aux vertus aggressives ». Mais il n'entre pas une nuance de dédain pour le passé dans l'image qu'il trace de l'avenir; « nous ne voulons pas manquer de sympathie pour le passé, nous savons trop combien les trésors en ont de prix. » justifiant le passé : « Ce n'est que de notre temps, dit-il, que les vertus aggressives, dans leur plus noblej forme, commencent à trouver leurs sphère et l'occasion de se déployer; ce n'est que depuis peu que M conditions sociales permettent quelque espoir M