LA TOLERANCE DANS L'INTERPRÉTATION BIBLIQUE
Mais un temps de transition est un temps de confusion. Dans les secles qui jouent avec la Bible comme , avec un symbole, il y a un résidu de dogmatisme qui ^ rèvét d'autorité divine les fantaisies individuelles, et, ^DS celles qui font encore de la Bible une règle, ■H^iLraire commence h se glisser dans le commande- |bt.
^S'attire l'attention, dit M. Briggs, sur les clTorls ^B^ fait pour tirer des leçons de Jésus un ^Bâlisme chrétien en faisant du mot « royaume de ^^B >> l'expression do l'idéal social moderne. Je veux ^Ht qu'on appelle royaume de Dieu les nouvelles ^^nitions sociales, fi la condition de ne voir là que ^^nploi courant d'un terme qui se trouve dans la ^^u; mais quand on veut faire, de cet emploi tout ^^Hualité, le sens originel, la science biblique doit ^^K)poserde toutes ses forces. >> ^^Ket là pour la science biblique non un de ces ^^Bkcles qui arrêtent net, mais un labyrinthe de ^^fcs à travers lesquels elle peut se frayer sa voie à ^^K de persistance et de rigueur. Et si c'est pour ^^ni danger, c'est aussi la condilion même de l'in- ^^Bqa'elle excite. Aussi M. Briggs, tout en mettant ^^Bvant en garde contre les interprétations des ^^nlîstes, les salue-t-ll comme une conséquence ^^Mfisaire et bonne de la critique. Il forge même un ^H^Spécial pour cette sorte de philosophie qui prend ^^nence biblique pour point de départ, et en lire ^^KA son gré : il la nommo ta « dogmatique bibli- ^Bp« et il essaye d'en prévoir l'avenir. Tandis que ^■'Savants établiront le contenu concret des Ecri- ^ficw, qui en est le contenu minimum, les prédica- ^^^Hfedégageroot librement le contenu maximam:. t
ils s'inspireront, pour élargir la Bible, de Tart et des belles-lettres, des sciences naturelles et morales de Tesprit public contemporain. Plus les savants réduiront la lettre des Livres Saints, plus les interprètes devront y mettre du leur pour la vivifier. A mesure que se compliquera et se diversifiera Tesprit mo- j derne, les divergences d'interprétation se multiplieront, et « Tesprit de variation » ira sans cesse \ croissant.
Mais les Américains ont le génie, ce qui chez eux signifie la fièvre, de l'organisation, de la centralisation et de l'unité : de l'unité dans la diversité, comme rindique leur devise, E pluribus unum. Selon M. Briggs, la science biblique dégagera des Livres Saints, par une synthèse postérieure à l'analyse, l'esquisse d'un progrès continu et d'une révélation successive depuis Moïse jusqu'à saint Jean : là sera le fonds simple, mais certain et commun, d'où dériveront toutes les interprétations : si bien qu'en diversifiant les courants la critique biblique aura unifié la source. « La théologie biblique, dit-il, offre dans rharmonie des tendances bibliques l'unité idéale pour rÉglise chrétienne dans tous les temps.... Elle est la force pacificatrice qui mettra l'harmonie entre les forces rivales et amènera la tolérance dam l'enceinte de V Eglise^ le plus grand besoin de notre temps. »
Le culte jaloux de la Bible indique un instinct très sûr de ce qui fait l'unité d'une nation. Elle n'est pas d'avoir peu qui diffère, mais d'avoir beaucoup en commun ; elle n'est pas négative mais positive, pas passive mais active. C'est ce qui fait que l'unité permet la variété. Les Églises d'Amérique différente