L\ TOLÉRANCE DANS L'INTERPRÉTATION BIBLIQUE
La masse de l'Église est avec vous. Le Conseil des évéques esl unaniment avec vous. Votre voix, on fait, est la voix de l'Église.... « •
Dans la voie de l'inlerprélation libérale, les Épiscopatiens ne font que suivre le mouvement inauguré les Unitaires; c'est ce qu'a fait remarquer le des Unitaires, M. Minot-Savage, dans un de sermons : « Le D' De Costa et l'évêque Potter, représentent une grande crise dans la pensée ieuse et le développement religieux de l'Amé- La position du D'^ De Costa est irrésistible: ittez ses principes, il faut accepter ses conclu- Quanl k l'évêque Potter... son attitude est ement insoutenable: admettez ses principes, je lis pas de moyen raisonnable de s'nrrôter où il ite : le D"" De Costa a raison quand il dit que le logique de la position de l'évoque esl l'unita- I, la liberté en religion, le rationalisme dans le te sens du mot. Je n'accuse pas l'évoque d'être icient de cette contradiction ; je ne crois pas qu'il soit. " Loin de voir dans celte évolution une décadence, le ministre unitaire y voit un progrès. « En fait, dit-il, et je défie le monde de me contredire, rÉglise épiscopale n'a jamais été si noble, si haute, si douce, si pure, si intellectuelle, si clairvoyante, si dévouée à Dieu et à sa vérité, si prêle à secourir ses semblables. 11 en esl de même des autres Églises, Baptiste, Presbytérienne, etc.... »
Par leur lactique, les Églises ont fait des savants leurs pourvoyeurs de faits, de nouveautés et d'interprétations. Elle ont fait de la critique une source qui renouvelle et rafraîchit la prédication. C'est à la fois pour la science, un grand bien et un grand mal. C'est
B38i LA RELIGION DANS LA SOCIÉTÉ AUX ^ATS-UNI» i
I tin encouragement pour elle de sentir que ses tietl nières <Ii5fiouverles passent sans cesse dans la subs- ' lance des serinons, deviennent la parole vivante, vont rectifier la vérité dans les Ames : il n'y a pas d'inalrumenl de vulgarisation qui égale la prédication américaine.
Mais l'usage que la religion fait de la science risque de confondre leurs domaines. Il faut au savant plus ■ de rigueur pour chercher la vérité sans égard à ses effets quand les effets s' on répandent sans retard dans le grand public. Il est malaisé de faire l'anatomie de '• ce qui vil, et la Bible est toute vivante: les superféta- i lions repoussent sous le scalpel. La science est prise j entre les conservateurs qui la repoussent et les libéraux qui la tirent à eux. La prédication, innocemment I et nécessairement, fausse la science k mesure qu'elle j se fait; le sens fantaisiste recouvre sans relâche le 1 sens historique. Les idées métaphysiques, morales, ] sociales, administratives des Etats-Unis changent : û . mais ce qui ne change pas, c'est la coutume de iM
I fonder sur des versets. Les sectes avancées comparent i l> la Bible à la Nature, qui est l'autre révélation de Dieu,
II et dont chacun traduit à sa guise les symboles. « La I science, dit M. Briggs, a autant h craindre de la théo- I logie dite libérale que de la théologie dite conserva- I Irice, Le savant ne peut consentir à ce que la Bible r serve les intérfits d'une théologie nouvelle plutôt que I ceux de l'ancienne, les modernes théories socialistes ! plutôt que les vieilles conceptions chrétiennes. » Ce [ n'est pas seulement la lettre des Livres Saints qui se I met en travers de la science, c'en sont les inlerprélak tîona. II n'y aurait là que demi-mal si l'interprélalion. r dès qu'elle devient arbitraire, cessai! d'être impéralive.