L'ÉVOLUTION DE LA RBLIGIO
Églises américaines s'eQorgueillisseQl de ce qu'elles évoluent. 11 y a, entre les Eglises d'Europe, émulation d'immobilité; il y a, entre celles d'Amérique, émulation de changement.
L'évolution du christianisme américain a été bien
ie par ie président Schurman, de l'Université II. Il distingue trois phases dans le développedes religions. « La première, dit-il, est colle du ; la seconde, celle du dogme : celle-ci est plus que l'autre, mais le degré supérieur absorbe en degré inférieur : les cérémonies qui constituent ion rituelle sont adoptées et interprétées par ion dogmatique, qui les réduit à être un de ses is d'expression. » « Mais les religions rituelle et [ogmatique, ajoute-t-il, sont toutes deux des choses du passé 1 la religion d'aujourd'hui, moins aisée à définir, peut ôtre appelée la religion de l'esprit, 'i u De même que la religion dogmatique a absorbé la rcli- ^on rituelle, e! que dans l'Égise romaine par exemple le rite sert à l'expression du dogme, de même, dans la religion d'aujourd'hui, l'esprit, tout en se dégageant et du culte et du dogme, se garde de les rejeter : la religion de l'esprit n'écarte aucun des éléments qui sont entrés dans la constitution de la conscience religieuse : ce qui la caractérise est d'y attacher moins d'importance. »
L'évolution ne détruit pas brusquement los anciens organes; elle les laisse décliner vers un rôle moindre tandis qu'elle en développe d'autres à leurs dépens; les organes qui sont devenus secondaires ser vent encore de supporta ceux dont lafouction devient vitale. C'est ainsi que les Églises existantes doivent rester lé cadre où se développera la religion de l'ave-
nir. De là, envers les restes du passif, une double loliSrance, parce qu'ils semblent des élcmcnls à la fois inévilabies cl insiffnifianls. Les riies eL les dogmes sont une sorlo de poids morl, qui donne ii la religion la sUbilil.6 al l'aplomb sans en délermiacr la direction et le sens. Les formes dans lesquelles elle prend corps n'en changent pas l'âme : elles ne sont que l'accident, l'esprit est l'essenficl. Dans la diversité des cadres, il peut y avoir unité d'inspiration. " La religion de l'esprit, écrit M. Schurman, n'a pas besoin d'une secte . unique ou esduaive. Elle se sert de ce qu'elle a sous la main. Elle se soucie peu des problèmes spéculatifs ou administratifs qui ont donné naissance aux sectes. Il
Ce qui fait la dill'érence d'un chrétien comme M. Schurman à un positiviste de l'école de Coml£, c'est l'idée de l'évolution. Pour l'un comme pour l'autre, les rites et les dogmes sont une matière d'oii l'esprit a peine à se dégager; mais pour un Français et uu mathématicien comme Comlc, cotte matière est seulement quelque chose qui étouffe l'esprit; pour un Américain et un évolulionniste comme M. Schurman, elle est aussi quelque chose qui le supporte, 11 com- ' prend que le passé est la substance même dont l'avenir se fait, et que la religion morale ne peut naître que de la religion dogmatique, parce qu'il n'y a pas de genératious spontanées.
Aussi faut-il que les Kglisns se transforment p:ir le dedans, et que dans nue sorte de convergence elles , tendent toutes à un type supérieur, où leurs différences ne seront plus que des accidenta de surface, et qui sera la religion de l'avenir. Les hommes qui ont | la sens do cette évolution doivent la diriger, et rcslur