‹ La religion dans la société aux États-UnisChapitre 65 sur 67 · L'ÉVOLUTION DE LA RELIGION S · texte numérisé non relu

L'ÉVOLUTION DE LA RELIGION S

morte, c'est une paix vivante; c'est une mutualité; c'est un effort en commun au service de l'évolution

Cette évolution n'a rien d'une conversion : elle n'introduit pas dans une secte les parlicutarités d'une autre, elle développe dans toutes ce qui est commun & toutes : chacune n'évolue qu'en laissant croître une partie d'elle-même; il n'y a pas pression d'une Église sur l'autre; au lieu d'une transformation par le dehors, qui les heurterait entre elles, c'est une transformation par le dedans. L'apostolat que M. Schurmao conseille n'est pas une propagande et ne comporte pas de polémique : il ne développe les tendances qu'il approuve qu'en faisant le silence sur celles qu'il bhlme; sur lout ce qui difl'érencie les sectes entre elles, sur leurs nies et sur leurs dogmes, il est muet. « La revision ,»hi culte et des doctrines n'est pas désirable, écrit 1^. Schurman, si elle concentre l'attention sur ces {j^ëments secondaires de la religion. » « La récitation |t)es articles de foi est k peu près à la religion spirîi.uelle ce que l'acquisition de la table de mulliplica- |(Jon est aux déductions du mathématicien original. » Xes sectes sont des cadres indifférents ; il n'y a lieu ni ide les reconstruire ni d'en essayer de nouveaux. ^ C'est un fait connu que le déclin de la religion dogntalique a arrêté la multiplication des sectes ; le développement de la religion spirituelle en Amérique a eu Mour corrollaire la consolidation des grands types mèjà existants d'organisation religieuse. La religion Hogmatique fait les sectes, la religion spirituelle s'en eert et en s'en servant les unit. » Dans toutes les formes K même esprit peut se mouvoir. <■ La religion de l'eaprit, dit-il, se sert de ce qu'elle a sous la main. »

FSÔi LA RELIGION DANS LA SOCIÉTÉ AUX KTAT3-UNIS

Le dévelo]

oppcment des Églises se fait donc par l'atrophie de leur dogme, et le progrès religieux aux Elats-Unis est le ri^sullat de Vesprit positif; en réduisant le rôle du dogme, qui divise les sectes, il les rapproche. L'évolution qui prépare en Amérique l'unité du christianisme est un cITet du positivisme. Elle n'esl devenue consciente d'elle-même et de sa loi que depuis peu, et M. Schurman en a peut-être donné le premier la formule, mais elle remonte au temps oh les premiers colons écrivaient: * Nous allons mettre en pratique la partie positive de la Réforme. »

L'évolution qui tend à l'unité religieuse a été préparée par l'esprit positif, elle sera consommée par l'esprit social. C'est l'esprit social qui en occupant les Églises à des œuvres les distrait des doctrines et en les faisant coopérer pour le bien public développe ce qu'elles ont de commun. L'évolution religieuse en Amérique, telle que M. Schurman la définit en 1900, procède des deux mêmes principes qui dès 1620 ont façonné la religion coloniale : l'esprit positif et l'espril social.

Cette évolution est restée toute chrétienne, et par là elle est bien américaine. Elle s'est faite au sein du christianisme, en l'élargissant de plus en plus, sans jamais le briser. « La religion de l'esprit, écrit M. Schurman, ne sera pas seulement déiste mais chrétienne. Je suis plus ému par ma vision de la per.sonnalité de Jésus que par la pensée de ses doctrines. Il Le développement religieux aux États-Unis est l'enfantement naturel, logique et harmonieux de l'avenir par le passé.

La loi d'évolulion, dans les Églises d'Amérique, n'est pas ce que Bossuet appelait, dans les Églises

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