‹ La religion dans les limites de la raisonChapitre 3 sur 44 · X AU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

X AU TRADUCTEUR

qui aboutit à la doctrine des intérêts. Épuise par rhéroïsme d'un moment , l'homme moderne 5 se partageant ^ s'est précipité par ces deux chemins •, c'est là qu'il s'agite aujourd'hui, divisé d'avec lui-même, mécontent de sa dernière épreuve , et n'osant affirmer, d'une manière délibérée , ni que ce soit une chute^ ni que ce soit un avancement.

Il est vrai que, par un étrange renversement , le Dieu de Rant , au lieu d'être le principe , la source de vie , n'était au contraire que la conséquence , le corollaire et le terme des choses ^ que par là il détruisait ridée de religion, de révélation spontanée , pour ne laisser subsister effectivement que celle de philosophie ^ d'où l'impossibilité de conserver aux dogmes leur valeur métaphysique, leur place dans l'histoire , ni de saisir le lien des cultes au sein du culte éternel ; mais au contraire souvent un appât jeté à l'indifférence pour convertir en maximes superficielles le plus pur, le plus mystérieux de la substance des peuples. Le monde pou-

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vait-il se contenter à jamais d'ane doctrine qui sanctifiait Tavenir en anathëmatisant presque tout le passé?

Quoi qu'il en soit, si la philosophie na pu rester sur cette pente trop roîde, si l'homme en fondant tout sur sa vertu avait trop bien préjuge de lui-même , il est bon de reporter nos yeux vers cette cité morale , perdue avant d'avoir été bâtie. Peut-être un jour se relèvera-t-elle sur un autre fondement. Dans tous les cas , plus d'un cœur, n'en doutez pas , se retrempera dans l'austérité de ses lois ; et chacun estimera qu'il est surtout convenable de proclamer la souveraineté du devoir, dans les temps où il n'est rien qui ne prétende l'emporter sur elle .

E. QuiNET.

Paris, ce iSaoât 1841.

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