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La religion de Bab, réformateur persan du XIXe siècle

Le 19 juillet 1849, une émotion extraordinaire emplissait la ville de Tébriz, que nous appelons souvent Tauris, le cheflieu de la province persane de lAzerbéidjan. Des groupes nombreux de citadins et de paysans, les uns coiffés du long kalpack en peau de mouton qui était alors à la mode dans les états du Chäb, les.autres plus fidèles à la coiffure musulmane, le bonnet rouge entouré des replis du turban, se dirigeaient en hâte vers la caserne des serbäz, où était réuni le régiment formé par pe soins de

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Camçàm-ed-doouleh et, par une innovation hardie, entièrement composé de chrétiens. Toutes les rues qui avoisinent cette caserne regorgcäient de monde, et les toits en terrasse des maisons les plus proches étaient couverts de curieux. C’est qu'il allait se passer quelque chose de grandiose dans cette caserne, un drame où la vie de la Perse était intéressée. Oh!

ce n'était pas une exécution capitale ordinaire que celle qui se préparait à Tébriz; ce n’était pas un voleur de grand chemin, un meurtrier célèbre, quelque brigand des montagnes, qui attirait ainsi la foule sur le lieu de son supplice. Un prophète, qui se prétendait Dieu incarné, avait été condamné à mort par les juges. religieux de l’islamisme, et il allait expier son innovation hardie, son nouveau Qoran qu'il avait eu la témérité de mettre en parallèle avec celui qui, comme on sait, est antérieur au temps et à l'espace, étant le Verbe de Dieu même!

On voyait deux hommes attachés à un poteau : l’un était Ali-Mohammed le Bab

(la porte de La vérité), le prophète inspiré; l’autre était un de ses plus fervents disciples, et en tout cas le plus fidèle, Agha Mohammed-Ali, qu'aucune prière n'avait pu fléchir, à qui la vue de ses enfants même n’avait pu faire maudire son maître. Le signal du supplice fut donné; le peloton du régiment chrétien aligné en face du poteau fit feu au commandement. Une clameur intense s’éleva de la foule à ce moment. C’est que les spectateurs venaient d’apercevoir Bäàb, délivré de ses entraves, s’avancer libre vers eux.

Un hasard merveilleux avait fait qu’aucune balle n'avait atteint le condamné; au contraire, ses liens avait été rompus, il était délivré. C'était un vrai miracle. et Dieu sait ce qui serait arrivé sans la fidélité et le sang-froid dont le régiment chrétien fit montre en cette circonstance. Les soldats, pour calmer l’effervescence de la foule qui s’agitait, prête à croire à la vérité d’une religion qui faisait ainsi ses preuves, lui montrèrent les cordes brisées par les balles, démonstration visible de

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