LA RELIGION ZE BAB
diction de voyager sur l'onde salée, sauf naturellement pour ceux « qui habitent au delà de la mer » et qui viendront accomplir le pélerinage. Ceux qui sont embarqués doivent se tenir tranquilles, et le capitaine a la haute main sur ceux qui sont à bord du bâtiment qu'il commande.
D'autres prescriptions semblent bien étranges : « Ne chevauchez pas sur les vaches,et neleurfaites porter aucun fardeau; et ne buvezpas le lait de l’anesse, et ne lui imposez pas, ainsi qu'aux autres animaux, d’autres charges que celles qui sont proportionnées à ses forces. Et ne chevauchez sur aucun animal si. ce n’est avec la selle et l’étrier, et n’en montez aucun que vous ne puissiez être en parfaite sûreté sur son dos. » Cette dernière prescription est fort sage, mais n'indique pas que Ali-Mohammed fût un parfait écuyer. Quant à la prescription relative aux vaches, on pense naturellement à ces sectaires existant encore actuellement, dit-on, dans le Khorasan et qui professent pour les vaches un grand respect : il est curieux de
retrouver ainsi des traces d’une coutume :
bien ancienne dans le monde aryen.
Ce que nous venons de dire résume ce que l’on sait aujourd’hui sur les bàbis.
On voit qu’il reste encore à résoudre bien des problèmes touchant l’histoire de leur religion; il y aurait à approfondir les indications que nous possédons déjà, à les préciser, afin d'établir la filière qui rattache le bâbisme à ces manifestations de l'esprit métaphysique de l'Orient qui remplissent l’histoire du moyen âge.
Quand on pourra rattacher la rénovation islamiquecontemporaine aux croyances des chiites outrés, des Ismaéliens, des Druzes, et par delà à celles des gnostiques et des anciennes sectes orientales, on sera arrivé à un résultat éminemment intéressant, puisqu'il nous donnera la raison historique de la tentative religieuse du réformateur persan contemporain.
2) ATCO)