‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 10 sur 241 · Confessions, Vill · texte numérisé non relu

Confessions, Vill

poiu* régler des affaires; plus tard même, écrivain célèbre et réconcilié avec la religion nationale, il s'y laissera choyer quatre mois durant; mais il n'y sera plus quun hôte de passage, et ne reprendra plus la vie de la cité.

L'adolescent qui disait à Genève cet adieu presque définitif avait quinze ans et demi. Bien des fois il s'est demandé ce qu'aurait été, sans ce coup de tête, sa destinée spirituelle : » J'aurais iiass('', se disait-il, dans le sein de ma religion, une vie paisiide et douce;... j'aurais été bon chrétien ' )>. Don chrétien, la chose n'est pas certaine, mais il aurait, sans doiUe, été clircllcn: je veux dire qu'il n'aurait eu de la vie d'autre conception et d'autre règle ([ne la conceptiwi et la règle chrétiennes. A l'éiioque où Jean- Jacques vient de déserter Genève, rester genevois, c'était encore rester clirétien ; c'était, du moins, appartenir à une république qui voulait rester intégralement chrélienne. et (jui devait à son christianisme, non seulement son originalité, mais son existence. Au début du xviir siècle, Genève est encore dans la chrétienté pi^testante comme une nouvelle colline de Sion : « A la vérité », disaient déjà ses pasteurs, « notre Sion » s'obscurcit; elle n'est plus toute frémissante du zèle de Calvin; mais enfin <i l'extérieur et l'estime publique y sont encore pour la religion »; <( elle peut encore passer pour sainte 2 ». Le magistrat qui la gouverne est un « magistrat chrétien », qui travaille « à avancer la gloire de Dieu ». « à faire lleurir la piété ^ » ; il a encore « le glaive en main », suivant la précise et inquiétante formule d'un catéchisme calviniste, « pour réprimer les péchés commis, non seulement contre la secondi^ table des commandements de Dieu, mais aussi cr)ntre la

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