Liturgie de Genève
2. Liturgie de Genève [258], Distribution des sermons et des prières du matin entre MM. les pasteurs et professeurs (1704) [127]; B. Pictet, Prières pour tous les jours de la semaine et sur divers sujets [192]; Prières, à la suite des Catéchismes [1G5] et des Psautiers [196].
3. Cf., par exemple, la Prière pour le service qui se fait le lundi soir [258], 9 : « 0 Dieu, dont le nom est magnifique, et dont la gloire surpasse infiniment toutes nos pensées et toutes nos expressions, nous nous humilions profondément devant ta majesté suprême, et nous t'adorons comme l'auteur et le souverain maître de l'univers », etc.
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que de la piété; et une religion très générale, très humaine, qui s'achemine vers le déisme. Ce n'est pas que le nom de Jésus soit partout omis dans les prières de Genève, comme dans celle des Charmettes; mais il s'y fait rare : plusieurs mêmes le passent sous silence i; du moins, n'est-ce pas au Christ que la prière s'adresse. On dirait qu'il aide seulement à mieux prier le Dieu qui l'envoya et qui fut salué par lui du premier Notre Père. Jean-Jacques n'a pas perdu cette habitude genevoise d'enchâsser dans sa prière la prière par excellence 2; il écrit mieux peut-être que les - ministres de Saint-Gervais; mais, en rédigeant ses oraisons « pour le matin » et « pour le soir », il n'oublie pas celles qu'ils lui ont apprises autrefois, il retrouve les sentiments qu'on lui a rendus familiers, il s'humilie dans le repentir de ses fautes, il demande la pureté du corps et du cœur, la résignation à la volonté divine^; et il termine sa
1. Le nom de Jé^us manque, par exemple, dans la prière citée à la note précédente, dans la Prli-re pour le premier jour de Van de B. Pictet ri92:, 3-14, etc.
2. Cf. Première prière ''iS], 221 : « Nous nous prosternons en votre présence, Grand Dieu, créateur et conservateur de l'univers, pour vous rendre les hommages que nous vous devons, pour vous remercier de tous les bienfaits que nous avons reçus de vous et pour vous adresser nos humbles prières. Notre Père, etc. ». Comparer avec la formule suivante qui termine souvent les prières genevoises : Prière pour le matin [192], 42 : <• Donne-moi tout ce qui m'est nécessaire pour la vie présente et pour celle qui est à venir, par Jésus-Christ, mon sauveur, au nom duquel je t'invoque avec foi : Notre Père, etc. »; Prière pour le soir, 220 : •< Fais que, voyant tous les jours avancer notre fin, nous nous préparions continuellement à notre mort, afin de vivre dans ta crainte, pour mourir dans le sentiment de ta grâce, et pour revivre éternellement dans ta gloire avec ton hls Jésus-Christ, Notre-Seigneur, au nom duquel nous te prions, en te disant : Notre Père, etc. ».
3. Comparer les prières de Jean-Jacques <. pour le matin » et « pour le soir », 223, et la fin de la grande prière, 227-221), avec les prières citées à la note précédente, ou encore avec cette Prière pour le soir, empruntée aux Prières pour les particuliers, h la suite d'un Psautier de 1701 (déjà cité plus haut, p. 5, note 1), 26 : « Qu'il te plaise aussi de nous conserver purs, tant en nos corps qu'en notre esprit, et de nous garantir de tous dangers, afin que notre repos même soit à la gloire de ton nom; et, parce que le jour ne s'est
prière, comme il entendait jadis le pasteur terminer l'office du dimanche, en invoquant le « Dieu très bon, père de miséricorde, pour tous les hommes généralement '». Elle n'est pas spécifiquement protestante, cette appellation : Père de miséricorde, ou Père des miséricordes ; et la liturgie catholique l'a retenue quelquefois dans ses oraisons^ ; mais, pour l'avoir remarquée, il aurait fallu que Jean-Jacques eût été un lecteur bien assidu des épîtres de saint PauP ou du bréviaire, si la formule ne revenait pas très fréquemment dans les prières de Genève*, et ne s'était pas imposée à son souvenir. Cet appel au « Père des miséricordes », comme, du reste toute la prière où il s'enchâsse, me paraît contenir un aveu, peut-être involontaire, mais certain. Chez le jeune catholique des Charmettes, la religion de Genève vit encore.
(( Je me fis catholique, écrit-il, dans les Rêveries"^ mais je demeurai toujours chrétien ». La formule est très juste, si elle veut dire que son catholicisme, tout sincère qu'il fût alors, ne l'emprisonna point dans des partis pris confessionnels. Converti sans l'avoir expressément voulu, il avait accepté de bonne grâce sa conversion, il l'avait même
point passé que nous ne t'ayons offensé, en plusieurs sortes, étant tous de pauvres pécheurs; comme tout est couvert à présent par les ténèbres que tu envoies sur la terre, veuille de même ensevelir toutes nos fautes par ta miséricorde, afin qu'elles ne nous éloignent pas de ta face ».