‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 111 sur 241 · Venjer des CharmeiLes, VI · texte numérisé non relu

Venjer des CharmeiLes, VI

n'en est pas de même à Genève, où la prière d'apparat, j'allais presque dire la prière littéraire, est une des pièces essentielles de la liturgie. La journée s'ouvre et s'achève au temple sur des prières <( d'adoration, de louange et d'actions de grâces, pour célébrer les perfections et les bienfaits de Dieu ^ ». Tout service comprend une prière, qui varie suivant les circonstances ou le calendrier, et qui donne son caractère à la réunion du jour. Nous avons quelques recueils de ces prières 2, telles que Jean-Jacques en a entendues ou récitées dans son adolescence. Les unes sont des prières officielles et liturgiques; les autres, des prières personnelles, qui peuvent servir de modèles à l'âme pieuse- dans les différentes circonstances de la vie. A qui lira ces prières, celles de Jean-Jacques aux Charmettes retrouveront un air de famille. Ses dix années de catholicisme ont pu lui faire perdre l'habitude de tutoyer le Dieu de la Bible, mais ne lui ont pas désappris « la forme des prières ecclésiastiques )> : ce sont les mêmes considérations sur la faiblesse humaine, les mômes attendrissements sur la majesté et la magnificence de la création, la même foi en la Providence, les mêmes élévations vers la Divinité toute puissante et toute juste ^. C'est surtout la môme couleur, ou plutôt la même absence de couleur, la même abondance, et la même complaisance à se mouvoir parmi les grands sentiments, la même allure grave, noble, un peu froide, émue pourtant, mais sans mysticisme, sans ferveur amoureuse ou tremblante; de la religion plutôt

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