‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 16 sur 241 · Première rédaction des « Confessions · texte numérisé non relu

Première rédaction des « Confessions

La religion de J. J. Rousseau, — I.

chrétien dans l'intérieur, il m'avait de bonne heure inspiré les sentiments dont il était pénétré ' ». Je ne crois pas qu'il y ait aucune raison de récuser ce témoignage-. Lorsque ce mari instable était allé liîiercher fortune à Conslantinople, il avait été moins oublieux de sa religion que de sa femme, et n'avait pas profité de son isolement parmi les infidèles pour renoncer à des pratiques qu'un libertin eût volontiers jetées par-dessus bord : il assistait aux prêches du chapelain de l'ambassade de Hollande, le ministre Pierre llarenc. qui servait de pasteur à « la petite assemblée genevoise de Péra»; et le ministre croyait trouver dans cet horloger du sérail un chrétien assez sûr pour en faire son messager auprès de « Messieurs les pasteurs et professeurs de l'Église et Académie de Genève^ ». Mais, quelque sincère que fût la religion d'Isaàc Rousseau, c'était peut-être, selon le mot de Jean-Jacques, un christianisme trop « intérieur», et qui interprétait trop complaisamment à contre-sens la doctrine calviniste de la justification par la foi seule. Ce père indolent et faible a pu « inspireras son fifs des sentiments religieux », mais il n'a pas su lui faire comprendre que ces sentiments impliquaient une discipline, et il n'a guère présenté à' ce jeune esprit que des exemples de non-résistance à toutes les sollicitations de sa fantaisie. Bien que Jean-Jacques, avec le plus touchant aveuglement, ait salué en son père « une de ces âmes fortes qui font les grandes vertus^ », — Ihomme qui abandonne

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