‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 15 sur 241 · Rêveries, IX, 339; Confessions, VIII · texte numérisé non relu

Rêveries, IX, 339; Confessions, VIII

2. La famille et la jeunesse de J. J. Fiousseaa [570], 18. M. Ritter ajoute : - et limoneux ». Cette dernière épithète me parait un peu outrée.

3. Id., 67. De ces deux griefs du Consistoire contre David Rousseau, le second semble avoir échappé à M. Rilter. Il est consigné dans les registres du Goasistoire à la date du 27 mars 1710 [128], LXXIII, I'.»3.

L EiNFANCE CALVINISTE. 17

deux filles trop confiantes, et engrossé l'une d'elles, avait connu toutes les amertumes humiliantes que la vieille loi genevoise réservait aux « paillards» : amendes honorables et amendes au fisc, génuflexions et prison'. Celle qui sera sa mère, la demoiselle Suzanne Bernard, est rangée parle ^'énérable Consistoire au nombre des « personnes suspectes » : on la « censure grièvement d'avoir assisté à la comédie, sur le Molard, travestie en paysanne », et on « l'exhorte sérieusement » à ne plus avoir de commerce avec un jeu^e galant-. — Par trois fois, Isaac Rousseau, son père, occupera le Conseil de ses disputes et batteries nocturnes'. Les trois sœurs d'Isaac, auxquelles leur neveu, avec une générosité imprudente, décerne un certificat de « sagesse et de vertu ^ », avaient scandalisé les voisins, en jouant aux cartes certain aimanche soir après le prêche; et leur aînée, Théodora Rousseau, doublement la tante de Jean-Jacques, puisqu'elle épousera Gabriel Bernard, le frère de Suzanne, avait accouché huit jours après ses noces-'.

On peut avoir, même à Genève, la chair fi'agile et la foi robuste. Les Rousseau en faisaient la preuve. Cette même Théodora Rousseau, qui était devenue par son mariage la tante Bernard, et qui tiendra lieu de mère à Jean-Jacques, cherchait dans la dévotion l'oubli de ses légèretés d'antan et des infidélités de son mari. C'était, nous dit son neveu, « une espèce de piétiste, qui aimait mieux chanter les psaumes que de veiller à notre éducation" ». Les deux autres tantes étaient pieuses, ou même dévotes. Quant à Isaac Rousseau, c'était, sans doute, « un homme de plaisir »; mais, si nous en croyons son fils, il avait « beaucoup de religion » : « Galant homme dans le monde, et

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