Conclusions" du 19 juin
permettent de supposer que le Consistoire fit volontairement silence sur vin point qu'il lui eût été si l'acile d'éclaircir par une simple question '. Ne négligeons pas ces petits faits, car ils achèvent de montrer l'équivoque de cette <c conversion », dont Jean Jacques entendait l'aire, avant tout, une profession de foi civic|ue.
Ce ne fut pourtant pas une conversion hypocrite. Rousseau se retourne vers son pays avec ce qui lui reste do christianisme, christianisme inconsistant, déjà sans dogmes, sinon sans mystères, mais où il entre un vif désir d organiser sa vie et sa pensée dans le sens de la tradition. Ce retour à l'Église de Genève n'est donc pas à proprement parler une <( conversion «, ni surtout une conversion achevée, mais elle est une étape — et non la dernière — sur ce chemin de « conversion » où il s'est engagé depuis le premier Discours. Elle se décompose, d'ailleurs, en plusieurs moments. Si c'est hors de Genève, à Paris, que la décision a été prise, c'est à Genève qu'elle a été confirmée, exécutée et acceptée avec joie. Elle n'a voulu être, d'abord qu'un geste de patriote : elle devient à Genève môme cjuelque chose de plus.
On ne saurait, je crois, faire la place trop large, dans la vie de I\ousseau, à ces quatre mois de vie nationale, où la cité l'accueillit en mère indulgente et tendre, fière de son enfant retrouvé, prodigue pour lui de caresses et d'amitiés : « On ne peut rien ajouter aux bontés avec lescjuelles j'ai été reçu ». écrira-t-il de Genève à Mme Dupin 2. Mais ces bontés ne lui apportent pas seulement une satisfaction mondaine ou même un réconfort d'affection; elles ont aussi une vertu intellectuelle et religieuse. Autre chose est de rêver sur le problème de Dieu dans un salon parisien, à la table de Mlle Quinault, ou dans une « petite Sion », qui parait avoir gardé une foi unanime. La conversion officielle de Jean-Jacques se place au début de son