W., III
7 État des âmes [227], II, p. lv-lvi,
différentes ' » ; et la religion chrétienne, quelle prêche infatigablement, est un christianisme simplifié, réduit à « l'essentiel », à quelques vérités élémentaires et pratiques, <( un système de religion où tout aboutit, non à la spéculation, mais à l'action », qui nous met directement et simplement en présence de « notre tâche ^ », et qui nous encourage à la remplir par la pensée de « la réparation réservée au siècle à venir' ».
Le piétisme de Murait, lui aussi, ne se souciait guère d'être orthodoxe; mais son allure était moins fermement rationaliste, et il avait des sautes inattendues de mysticisme extravagant*. Murait reprenait à son compte, le principe des quakers sur a la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde ^ »; il faisait de la conscience un véritable instinct, « instinct divin », supérieur à tous les raisonnements, doué d'une sûreté d'intuition qui dispensait de toute autre règle «. Ce rationaliste avait une méfiance, ou plutôt un mépris de la raison '', que Marie Huber n'aurait point partagé; comme elle, pourtant, tout en se disant chrétien, il voyait dans la religion naturelle une forme primitive et plus accessible du christianisme, qui offrait même cet immense avantage d'être indépendant du savoir et de relever du seul instinct. Le christianisme de Murait n'est qu'un « déisme tourné vers Jésus », en qui la conscience reconnaît la forme la plus haute, la plus divine, de la religion naturelle ». C'est donc à la conscience qu'appartient le magistère de la religion; c'est à elle de