‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 179 sur 241 · Le monde fou [233], I · texte numérisé non relu

Le monde fou [233], I

évangélique ■», c'est le témoignage intérieur que les âmes lui rendent. Ne disons pas que l'Évangile est vrai parce qu'il est inspiré; disons plutôt qu'il est inspiré parce qu'il est vrai, et que sa vérité s'impose par son évidence 1. Mettre la religion naturelle au-dessous de la révélée est une « proposition louche » : ces deux religions n'en font qu'une; et c'est bien la religion naturelle que Jésus est venu réhabiliter sur la terre-. Cette suprcmalic de la conscience dans la vie religieuse nous commande notre devoir en face des mystères du christianisme. Si certaines vérités révélées trouvent leur preuve immédiate dans l'assentiment intérieur qui les accueille, il en est d'autres, devant lesquelles la conscience reste indécise. Que faire alors? Nier ce qui nous dépasse? Non, certes! mais « suspendre son jugement », garder « la sobriété de l'esprit », se résigner à ignorer'^ : « un je ne sais pas, ou un je ne comprends pas », est la seule réponse de bonne foi; et « c'est la bonne foi qui doit être l'unique base de la fo'i* ».

Marie Huber reste chrétienne par son besoin d'apostolat, par sa foi robuste en la Providence % par son respect pour l'Évangile, par sa piété pour celui qu'elle continue à nommer « divin Jésus », « divin Sauveur*' »; mais son christianisme est affranchi de toute discipline confessionnelle, puisque cette protestante genevoise préférait revenir au purgatoire catholique, plutôt que d'admettre, sur la justice et la bonté de Dieu, des conclusions qui auraient révolté sa conscience". Elle reste chrétienne: mais elle pose en principe que « les différentes religions des chrétiens et la religion chrétienne sont deux choses

î. Religion essentielle [242], 1, 62-60; et surtout V, 33-36, 50-51.

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