Confessions, VIII
4. <■ Depuis mon retour de Genève », disent les Confessions, VIII, 291 ; '< il y a six ans », dit une lettre à M. de Bastide, du 5 décembre 1759, X, 220.
auraient voulu ressusciter et rajeunir une gloire qui leur restait très chère, mais qui commençait à sommeiller. Le travail était ingrat, et Jean-Jacques le poursuivit lentement; il semble même qu'il ne l'acheva qu'à l'Ermitage '. Mais, avant de faire ses » extraits - », il dut lire toute l'œuvre du « bonhomme»; et, si médiocre qu'elle nous puisse paraître, elle ne fut pas, je crois, sans influence sur son développement religieux.
Ce n'est pas qu'entre leurs deux tempéraments et leurs deux intelligences, il pût y avoir grande affinité. L'abbé était un rationaliste tout sec, qui avait adopté u ce faux [irincipe de la raison perfectionnée », et qui croyait avec candeur et ferveur que le monde, pour être heureux et vertueux, n'avait besoin que de bons règlements ^ 11 y avait, en outre, chez ce maniaque de la ratiocination, une telle pauvreté d'éloquence, un souffle si court, une telle absence d'émotions, une prolixité si fatigante, tant de petites idées niaises, rendues plus niaises encore par leur retour immodéré, que Rousseau devait avoir plus d'une impatience en compulsant ces vingt-trois volumes et ces énormes liasses manuscrites qui leur servaient de supplément. Mais, dans tout ce fatras, il avail pourtant trouvé « quelques grandes et belles vues * » qui s'étaient imposées à lui sans peine, car l'abbé traitait ses lecteurs comme de grands enfants et ne leur ménageait pas les redites.
Avant Marie Huber, il avait essayé, lui aussi, de ramener la religion à 1' « essentiel ». Ses Observations sur l'essansiel de In religion, comme il écrivait en son orthographe perfectionnée ', se réduisaient à quelques principes très simples,