PAR LA PENSÉE DU XVIII'' SIÈCLE
Si Rousseau fut « seul de son parti ». — Le triomphe apparent et bruyant de la « philosophie ». — Ceux (jui font escorte à Rousseau dans les deux directions de sa pensée religieuse . 224
I. — La question des académiciens de Dijon. — Que beaucoup se la posent, et y ont déjà répondu comme Rousseau, Turreltin et Murait. — Si ce sont seulement des protestations helvétiques.—L'opposition de Pluche, d'Addison et des autres à <• l'orgueilleuse philosophie ». — Les attaques de Pascal contre la « raison » ; Rousseau reprendra ses formules. — Murait et Pascal, d'accord sur la vraie « science de l'homme >■. — Les appels à « l'action » au xvin° siècle. — L'équilibre de nos connaissances et de nos besoins. — Le désir d'être heureux principe de vérité. — La méthode cartésienne insuffisante. — La genèse y d'une nouvelle notion d'évidence, l'évidence du sentiment . . ^ 226
II. — La vérité qui « se justifie par le succès » : » notre vérité ». — - L'indifférence à la vérité vraie : la conquête de la vérité
« utile ». — Le. désir, instrument de vérité. — L' « instinct divin » : Murait, Burlamaqui, Ilutcheson. — Le « triomphé du sentiment ». — L'abbé Du Bos, témoin de cette contagion sentimentale. — L'existence de Dieu « vérité de sentiment » : Pourquoi il faut la désirer. — Les théologies édifiantes et consolantes du xviii" siècle. — Leur anthropocentrisme identique, dans son fond, à celui du Vicaire Savoyard 234
III. — La notion d'utilité appliquée au christianisme. Le problème posé par Bayle : la religion et sa valeur sociale. — La | réponse de Montesquieu, de Warburton et de Mirabeau. — ' Les « avantages » de croire pour l'individu. — Ce que le christianisme donne de consolations aux âmes sensibles et de satisfactions aux belles âmes : l'éloge de « la beauté de l'Évangile » avant Rousseau. — L'apologétique du bonheur, bonheur matériel et bonheur intérieur. — La « théologie du cœur » et
le chevalier de Latouche-Loisi 241
IV. — Pourquoi la théologie de Rousseau, qui est aussi une « théologie du cœur », n'est pas une théologie intégralement chrétienne. — Ce (jui reste de « dogmes » et de « révélation » dans la bienfaisante morale du christianisme. — Les résistances de la raison et les objections des « philosophes ». — Le problème du salut et les répugnances du cœur. — Les \
'.solutions « raisonnables » et « humaines • de nombreux chrétiens protestants. — Le problème historique ; <• l'histoire uni- Kerselle » à la façon de Bossuet et de dom Galmet. — La critique de Burigny, Dumarsais, Fréret, D'Holbach. — Comment beaucoup d'âmes pieuses échappent aux difficultés de la critique par un je ne sais pas et par l'indifférence intellectuelle. — Le christianisme réduit par elles à de consolantes espérances et aune morale : la religion ramenée à la « raison » et à la « nature » 249
V. — Importance essentielle de l'idée de « nature » à l'époque de Rousseau. — La « nature » de Rabelais, de Molière et des « libertins » du temps de Pascal. — L'idée de nature prenant corps au xvni" siècle dans l'idée d'univers. — L'univers silencieux des matérialistes; l'univers régi par la Providence des héistes et des chrétiens. — Le •■ retour à la nature » familier aux imaginations philosophiques dans la première moitié du xvni* siècle. — Le « retour à la nature • et l'idée de « l'âge d'or ». — L'opposition au Mondain de Voltaire; le Siècle pastoral de Gresset, et la riposte de Rousseau. — L'enthousiasme pour les sauvages et leur vie primitive innocente. — Qu'il impli([ue la croyance à la « bonté de la nature ». — ' Comment, avant Rousseau, on essaie de concilier ce dogme avec le dogme chrétien. — La religion naturelle des sauvages, et les voyages théologiques aux pays de '- nature ». — Les rêves identiques de Marivaux, Terrasson, Prévost, Morelly, etc. — Que toutes ces fictions sont apparentées à celle du Vicaire Savoyard. 259
Vil. — Les relations de la religion naturelle et de la chrétienne. \ — L'acclimatation de l'idée de « nature » au sein du chris- Vianisme, chez des prêtres catholiques. — Plus caractérisée chez les protestants. — Les sermons de Vernes « sur la droiture originelle de l'homme ». — Murait et Marie Huber justifient l'Évangile par la nature. — Rousseau n'est pas le premier à définir « le vrai christianisme, la religion naturelle mieux expliquée ». — A ces essais plus ou moins conscients d'énervement du dogme, résistance de la théologie catholique et d'une certaine théologie calviniste. — Insuccès de la résistance dans les milieux protestants. — L'adaptation à l'apologétique : Charles Bonnet, Formey. — La lettre de ce dernier à .lean-Jacques en 1760; et comment l'auteur dé VAnti-Émile y professe la doctrine du Vicaire Savoyard. — Que cet opportunisme de la pensée prolestante vient sans doute du principe môme de la Réforme; mais que le mouvement général du siècle n'y est pas étranger. — Le problème religieux du xvni° siècle : trouver un milieu entre le « fanatisme » et les « lumières ». — Rousseau n'aura pas été le premier à vouloir <■ établira la fois la liberté philosophique et la piété religieuse ». 272
BINDINQ SECT. JUL 2 - 1968
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