‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 240 sur 241 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

I. — Le succès du premier Discours confirme Rousseau dans lai vérité de sa thèse, et, par ailleurs, le ramène plus près encore! du christianisme. — Sa réforme morale et ses campagnes] contre la « philosophie ». — Persistance paradoxale de ses! amitiés pour les « philosophes »; comment elle s'explique : le dur théoricien et l'ami fidèle. — Aux yeux du public, Rousseau reste parmi les " puissances philosophiques ». — Son admiration tenace pour Diderot. — Incertitudes apparentes \ de son système : comment il a pu paraître à ses amis d'alors 1 « ballotté de l'athéisme au baptême des cloches ». — Son ' attitude dans les discussions : timidité et violences. — Sa première brouille avec le Baron 169

II. — Les inquiétudes profondes de sa pensée : les raisons des systèmes et les raisons du cœur. — Le dîner chez Mlle Quinault. — Conversation peut-être apocryphe, mais d'une vérité symbolique. — Le champion de Dieu, « l'ami absent ». — Les . déclarations à Mme d'Épinay : inconséquence consciente de

sa foi. — La vie de Paris, et le besoin de s'en évader. — Quelques « évasions » spirituelles : le Devin du village et le Nou-veau Dédale 183

III. — Une évasion vers la terre promise : le séjour à Genève de l'été 1754. — L'occasion de ce voyage, et dans quelle mesure, depuis 1750, Jean-Jacques était redevenu « citoyen ». — Le retour officiel au protestantisme avant tout un acte civique. — La religion de Rousseau dans les années qui précèdent celte conversion, — Les Conseils à un curé, leur déisme agressif;

et que la rentrée dans l'Église de Genève ne l'a pas modifié. — Les motifs du Consistoire pour admettre à la communion l'ancien apostat. — L'influence sur Rousseau, sinon de cette abjuration, du moins de la vie genevoise : vraie conversion à. la fin du séjour. — L'éloge du clergé de Genève dans la préface du second Discours. — Les amitiés ecclésiastiques de Jean-Jacques, et le compromis religieux qu'elles semblent lui offrir 188

IV. — L'Église de Genève au milieu du xvni' siècle. — Son éloge par d'Alembert : « Mœurs exemplaires » et " socinianisme parfait ». — La réforme tliéologique de Jean-Alphonse Turrettin : le dédain des « dogmes abstraits et stériles » : une religion sans surcharge de mystères: une théologie qui sait ignorer. — Jacob Vernet, disciple de Turrettin et ami de Rousseau : son Instruction chrétienne el son Traité de la vérité chrétienne. — L'amitié plus jeune de Vernes et de Moultou. — Le catéchisme accommodant de ces ministres de la nouvelle école; et qu'à tout prendre, il diffère peu de celui du Vicaire Savoyard 198

V. — La théologie de quelques pieux laïques de Genève : « Le vénérable Abauzit ». — L'admiration de Rousseau pour lui et l'adhésion sans réserve du « patriarche des ariens « à la religion de Rousseau. — Comment néanmoins Abauzit a pu vivre en paix avec son Église. — Pourquoi, au contraire, Marie Iluber et Murait se sont heurtés à la résistance des théologiens. — Le piétisme de Marie Huber, et l'idée de la « religion essentielle ... — Le mysticisme de Murait; son .< déisme tourné vers Jésus ■. ; son hostilité contre la science et les savants. — Que Jean-Jacques les a lus, et, sans doute, à Genève. — Comment ils l'ont aidé à se libérer des « philosophes » et à rester « chrétien ». . , 204

VI. — Le Discours sur Vinéijalité; et ce qu'il peut nous apprendre sur la religion de Rousseau. — Représente presque p^tout un état de pensée antérieur au voyage de Genève. -^ Si l'anthropologie du second Discours peut être celle d'un " philosophe chrétien ». — La question de l'hypocrisie de Rousseau. — UEssai sur l'origine des langues, et son respect pour les données de la Bible. — État d'esprit peu cohérent, mais sincère. — Ce qui fait du Discours la préface de VÉmilc : l'idée d'innocence et de bonheur indépendante de la religion. — Le retour de Jean-Jacques à Paris, et le retour de l'homme de lettres à ses amitiés et ses besognes d'autrefois. — L'analyse des ouvrages et le dépouillement des manuscrits de l'abbé de Saint-Pierre. — Ce que Rousseau doit à l'abbé : « l'essen-

itiel de la religion ». — La lutte contre le christianisme théologiiiue, et « Paradis aux bienfaisants ». — La proposition de Mme d'Épinay, et l'abandon définitif de^Paris- — L'installa

tion à la Clievrelte; et qu'elle marque la vraie « conversion •■

de Jean-Jacques 213

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