‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 39 sur 241 · Id., VIII · texte numérisé non relu

Id., VIII

4. « Dévoré du besoin d'aimer et d'être aimé », écrira-t-il à Mme d'Houdelot le 17 décembre 1757 [36], 206. C'est un besoin qui date de loin chez lui : cf. encore Confessions, VIII, 04, Dialoques, IX, 207, 212, 245.

aurait trouvé un prétexte. « N'envisageant le papisme que par ses liaisons avec les amusements et la gourmandise, je m'étais apprivoisé sans peine avec l'idée d'y vivre ' ». Ce n'était pas encore une conversion, c'était, du moins, une acclimatation. Aigri contre la cité genevoise, qui semblait lui préparer une jeunesse sans affection et sans joie, il cherchait vaguement pour son cœur <( inquiet », chimérique, « dévoré de désirs )>, une atmosphère plus accueillante et plus chaude-. En frappant à la porte de M. de Pontverre, était-il seulement « curieux de voir comment étaient faits les descendants des gentilshommes de la Cuiller' »? J'en suis moins sûr que l'auteur des Confessions. Plus encore que l'héritier d'une famille célèbre, Jean-Jacques allait trouver un de ces aimables curés de campagne qui ne lui refusaient pas les « caresses » et les plaisirs de la « bouche ». Il n'ignorait pas, du reste, que celui de Confignon « était une espèce de missionnaire, qui n'imaginait rien de mieux pour le bien de la foi que de faire des libelles contre les ministres de Genève *». Et, sans doute, nignorait-il pas non plus que, dans ces libelles, le l3on ISl. Lambercier était caricaturé et calomnié 3. Mais ne suffisait-il pas de savoir que M. de Pontverre avait voulu ridiculiser aux yeux des papistes les meilleurs représentants de l'Église nationale, pour que la démarche de Jean-Jacques eût déjà la valeur d'une apostasie? « Je ne songeais point à changer de religion, nous dit-il ; et, bien loin de me familiariser si vite avec cette idée, je ne l'envisageais qu'avec une horreur qui devait l'écarter de moi pour longtemps; je voulais seulement ne point fâcher

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