Profession de foi [471, 361-363 et note
faut pas entendre au sens pascalien, mais au sens très humain, du mot : le converti des bonnes gens qui avaient cru en lui. Qu'importe! Dans la mesure où il était chrétien, on peut dire qu'il était catholique. La doctrine de M. Gaime n'avait pas, on l'a vu, une couleur proprement romaine : en mettant l'accent principal de ses discours sur les devoirs de l'homme, il continuait plutôt M. Lambercier et les pasteurs de Genève; et peut-être, sans s'en rendre compte, Jean-Jacques lui savait-il gré de retrouver dans ses leçons quelque chose des leçons d'autrefois. Pourtant, de la confiance sans réservé qu'il lui a donnée, c'est le catholicisme qui bénéficie, provisoirement du moins; et, en (( s'affectionnant à M. Gaime », c'est d'un prêtre catholique qu'il s'est fait le « disciple ». Disciple de désir, plutôt que de volonté, auquel les souillures de la vie vagabonde laissent parfois l'apparence d'un « libertin »; mais disciple fidèle, qui n'oubliera pas la voix de « son digne maître », et qui emporte <( dans son cœur un germe de religion, qui n'attendait, pour fructifier, que les soins d'une main plus chérie ^ ». C'est à cette « main chérie » que Jean-Jacques va confier ses seize ans.