‹ La religion de J.J. Rousseau (volume 2)Chapitre 63 sur 241 · Préface · texte numérisé non relu

Préface

néfornie, Tennhard et Magny avaient dégagées de ces pi'incipes, et comment le piétisme anti-protestant de Mme de Warens avait, sans doute, facilité sa conversion catholique. Mais, une fois convertie, ces principes n'étaient pas de ceux qu'elle pût oublier; et ils conservaient, à l'intérieur de son catholicisme, leur puissance d'émancipation. C'est en vain qu'elle déclarait « adopter de toutes les puissances de son âme les décisions de la sainte Mère Église »; son sentiment intérieur, plus fort que sa bonne volonté, se rebellait partout où le dogme lui paraissait trop dur, et s'arrêtait aux solutions plus douces, que son cœur approuvait : c'est ainsi qu'elle anéanlissail l'enfer devant la clémence divine, et conservait jalousement le purgatoire, dont elle avait besoin pour les ^ méchants '. Elle ne se sentait pas plus gênée dans ses sympathies intellectuelles. En quittant le protestantisme, elle n'avait pas cherché à se défaire de ce que Jean-Jacques appelait « son goût protestant » : elle restait, au contraire, une admiratrice de Saint-Évremond, et, si l'on peut ainsi parler, une dévote de Bayle^; et c'est en pleine conversion, à la veille de se jeter aux pieds de Victor-Amédée et de M. de Bernex, qu'elle se faisait envoyer le Dictionnaire par son trop naïf mari''. Tout ce libertinage d'esprit (lis[i;iraissait, en quelque sorte, derrière une volonté catholique très ferme, et, qui plus est, très sincère. Quand le \'icairc Savoyard, après avoir fait le procès de la révélation et du dogme chrétiens, après avoir, lui aussi, supprimé les peines éternelles, affirme sa volonté de rester prêtre, retourne dire sa messe « avec plus de vénération », et « tâche d'anéantir devant la suprême intelligence sa

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